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Musiques/festivals: quand le live reprend vie

 
 

Les vibrations sont revenues au pied des scènes, même avec un public limité: mission remplie pour Printemps de Bourges, Vieilles Charrues et Francofolies, rares grands festivals musicaux dans un été de transition avec la crise sanitaire.

"Les gens savent pourquoi ils se retrouvent, pour connaître ces frissons si partagés", décrit à l'AFP Miossec, sur scène aux Charrues et aux Francos.

Mais le pari était osé. Pour ces festivals, il fallait planifier dès cet hiver. Sans avoir alors la garantie que la ronde estivale des musiques actuelles puisse se tenir (saison blanche en 2020).

L'annonce gouvernementale tombera mi-février, dans un cadre strict: 5.000 personnes maximum, assises et distanciées avec masque. Des gros festivals jettent alors l'éponge, comme le Hellfest, le Lollapalooza ou encore le Main Square.

Les bonnes nouvelles arriveront plus tard, mi-juin: levée du couvre-feu, autorisation des concerts debout à partir du 30 juin (75% de jauge en intérieur, 100% en extérieur), masque plus obligatoire mais seulement recommandé pour les évènements de plus de 1.000 personnes alors soumis au pass sanitaire.

Le Printemps, premier de cordée des grands évènements, a réduit sa voilure pour être sûr de se tenir (22-27 juin). Le festival en intérieur (pas de salle de plus de 1.000 personnes) a fait le plein avec 10.000 spectateurs (15.000 en comptant les professionnels venus repérer les artistes émergents). Contre 200.000 en 2019. Censé rester assis, le public (masqué) se lèvera notamment pour Jean-Louis Aubert ou Gaël Faye, n'anticipant que de quelques jours le retour des concerts debout.

- "Se remettre en question" -

"On a rempli tous nos objectifs, rester le premier rendez-vous pour les pros, mettre en avant une scène émergente et proposer une affiche qui n'était pas dégradée, avec près de 100 artistes", se réjouit auprès de l'AFP Boris Vedel, directeur de l'évènement.

"Le Printemps n'a pu exploser en ville comme il le fait d'habitude, on ne pouvait pas avoir ce format un peu gigantesque habituel, mais ce n'est pas un regret, c'était impossible", ajoute-t-il.

Etait-ce l'édition la plus compliquée à organiser ? "Non, il a fallu gérer l'aspect Covid et crise sanitaire, mais ce qui est compliqué c'est de gérer la foule. Mais la grande foule, c'est aussi une euphorie qu'on espère retrouver l'an prochain", confie le responsable de Bourges.

"Non, ce n'était pas plus compliqué d'organiser cette année, se remettre en question a motivé les équipes pour être plus créatives", assure aussi à l'AFP Gérard Pont, patron des Francofolies (10-14 juillet). Les Francos avaient limité leur jauge à 5.000 personnes par jour, avec une grande scène en plein air et des salles en ville (contre 150.000 personnes au total en 2019).

Mis à part pour Vitaa et Slimane, concurrents de la finale de l'Euro de foot, le public fut au rendez-vous, Grand Corps Malade provoquant les premières vagues ondoyantes dans le public (sans masque) en ouverture.

- "Les retrouvailles durent" -

Le rendez-vous de La Rochelle, à la programmation francophone comme son nom l'indique, n'a pas été handicapé par l'absence des stars anglophones privées de tournée européenne par la crise sanitaire.

Ce qui n'est pas le cas des Vieilles Charrues, où Iggy Pop avait mis le feu dans le passé. Mais la palme de la résistance revient au festival de Carhaix, en plein air. L'évènement breton a surmonté les obstacles pour présenter sa formule inédite (dix soirées avec 5.000 personnes maximum, jusqu'au 18 juillet; contre 270.000 spectateurs en 2019 sur quatre jours).

"Ca a été dur jusqu'au bout, souffle auprès de l'AFP son directeur Jérôme Tréhorel. On construit un nouveau festival, il faut expliquer le pass sanitaire et à quelques jours de l'ouverture, comme si cette année n'avait pas été assez compliquée, il y a cette tempête avec ces pluies diluviennes".

Outre des bouts de structures renversés, la pelouse devant l'unique scène était devenue un méandre du Bayou. "On a réussi à rendre le site praticable pour l'ouverture, on n'a rien lâché, c'était un peu rock'n'roll les deux premiers jours (maigre assistance le 2e soir), mais c'est reparti depuis. Les retrouvailles durent avec le public".


 




 

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