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Naive New Beaters, l'été sans fin

Naive New Beaters, l'été sans fin
Les "Naive New Beaters", photographiés à Paris le 11 octobre 2019 . .JOEL SAGET

Les Naive New Beaters dosent électro, rap et pop dans leur shaker, en purs hédonistes "comme dans ce film de surf où des mecs font le tour du monde pour chercher le soleil et les vagues".

C'est le guitariste Martin Luther BB King - nom de scène bariolé exigé - qui cite "The Endless Summer", "L'été sans fin", ce documentaire mythique des années 1960 pour évoquer avec l'AFP "Fun Hours", 4e album qui sort vendredi.

Quand on suggère que c'est son disque le plus bubble gum, avec ses mélodies accrocheuses et sucrées, le trio - qui devient quintet sur scène - prend le contre-pied. "Bubble gum ça veut dire qu'on le jette vite, pas trop kiffant...", coupe malicieusement Eurobelix, docteur ès boucles et beats. "Oui, bubble gum, on le mâchouille (rires)", rebondit David Boring - mix de David Bowie et "ennuyeux" en anglais.

"C'est peut-être notre disque le plus pop", acquiesce plus sérieusement Eurobelix. "C'est le plus abordable, mais pas seulement, c'est celui sur lequel on s'est le plus pris la tête sur les arrangements, c'est celui qui peut s'écouter plus longtemps".

David Boring et son délicieux français à l'accent made in LA reprend une formule du guitariste pour dépeindre une production "rythmiquement élastique, plus groove, soul, funk".

Comme sur "Heal Tomorrow", hit de l'album précédent avec Izia, les NNBS ouvrent leurs portes aux guests avec JeanJass sur "Make Way", dont le clip parodie "Duel" de Steven Spielberg, et Ana Zimmer sur "I see Fire", avec une vidéo qui prolonge le visuel de la pochette où le groupe roule en décapotable-jacuzzi.

- Hip-hop "chelou" -

"Notre hip-hop est toujours un peu +chelou+, on cherchait un rappeur qui pouvait coller - on ne va pas le faire avec un mec qui raconte qu'il vend du shit toute la journée, ce n'est pas notre univers - on ne connaissait pas JeanJass, on lui a demandé, il a kiffé", explique Eurobelix.

Pour Ana Zimmer, la collaboration vient d'une "solidarité face au non public", révèle David Boring. "On a fait un festival à Fontainebleau, qui devait accueillir 10.000 personnes, mais il y a eu globalement 600 personnes, voire 150. On fait partie des groupes, avec Ana Zimmer, qui ont joué devant personne (rires). On a capitalisé tout ça".

NNBS, ce n'est pas seulement un gang potache. La longévité - leur premier album remonte à 2009 - veut dire travail. "On est encore - et si ça trouve on le sera toujours - dans le schéma de sortir un disque tous les trois ans, analyse Eurobelix. Alors, même si on a une fanbase, il faut la relancer, il faut repartir au charbon à chaque fois".

- "En mode flipper" -

Martin LBBK confirme: "on a une carrière en mode flipper, quand tu fais une bonne partie, il y a un +shoot again+, mais tout peut s'arrêter".

"C'est marrant, quand on a commencé, je me suis dit +il y a un truc, il faut le pousser à fond+. Après, quand on a quitté nos boulots, je me suis dit +on va voir, on a un an devant nous+", développe Eurobelix.

Ceux qui les ont vus en 2008 en première partie de The Kills, duo rock imparable et glamour, ne sont pas prêts d'oublier. Les trois garçons débarquent sur scène avec des pulls improbables et des bougies d'anniversaire scintillant sur les épaules. Mais leur "pop rappée", longtemps leur formule pour se présenter, fait mouche.

Quels souvenirs gardent-ils de ces débuts ? "De la folie, une dizaine de dates en France avec eux, on n'avait pas beaucoup d'instruments, on était facilement transportables", souffle Martin LBBK. "Trop cool, c'est le premier gros groupe qu'on côtoyait, un groupe qu'on écoutait vraiment, ils sont charismatiques tous les deux, super cools avec nous, alors qu'on ne faisait vraiment pas la même musique", se souvient Eurobelix.

David Boring se rappelle que Jamie Hince, le guitariste, leur lance "+j'avais oublié que la musique pouvait être fun+". C'est toujours le cas.

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