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Pour Jean-Michel Jarre, l'électro, c'est aussi de la politique

Pour Jean-Michel Jarre, l'électro, c'est aussi de la politique
Jean-Michel Jarre le 23 avril 2018 à Los AngelesVALERIE MACON

"Il faut aller jouer en Iran, en Corée du Nord": le pionnier français des musiques électroniques Jean-Michel Jarre a défendu jeudi à Paris la dimension politique de la culture, capable d'"abattre les murs".

"Je suis foncièrement contre toute forme de boycott. Je pense que demain, il faut aller jouer en Iran, en Corée du Nord", a lancé le musicien de 71 ans lors du Festival MaMA, rendez-vous mêlant concerts et conventions sur l'industrie musicale.

Et Jarre de fustiger une "attitude arrogante qu'on a en France": "On se trompe de combat et on fait une sorte de fondamentalisme à l'envers. Ce qu'on oublie, c'est que ces gens n'ont pas les mêmes libertés que les nôtres, et que si en plus on les prive de culture, c'est la double peine", a-t-il plaidé, en revenant sur certaines critiques ayant accompagné le concert qu'il avait donné en Arabie saoudite en septembre 2018.

"La culture est le véhicule le plus fort pour se rapprocher des gens privés de libertés individuelles", a-t-il estimé, défendant aussi la création artistique comme "une sorte de cheval de Troie pour entrer dans ces pays-là et essayer de changer les choses".

Le DJ et producteur américain Jeff Mills, autre grand pionnier de la scène électronique, regrettait en juillet que les gens préfèrent désormais une techno "facile, un peu +bubblegum+ plutôt que celle plus profonde, avec un message." Selon lui, "la techno était à portée plus politique avant."

Jean-Michel Jarre, qui avait enregistré en 2016 un morceau avec le lanceur d'alerte américain Edward Snowden, "un héros moderne parce qu'il nous a ouvert les yeux sur le fait qu'on est espionnés, piratés pour des raisons économiques ou politiques", estime au contraire que la musique électronique peut encore, à sa manière, parler de politique.

"C'est vraiment important de pouvoir faire passer ce genre de messages à travers nos créations de manière émotionnelle et pas uniquement intellectuelle", tranche le musicien français.

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