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Racines rock et nouveau rap, les Eurockéennes soufflent leurs 30 bougies

Racines rock et nouveau rap, les Eurockéennes soufflent leurs 30 bougies
Concert des Eurockeennes le 7 juillet 2017 à BelfortSebastien Bozon

Tauliers du rock et nouvelles stars du hip-hop: la 30e édition des Eurockéennes de Belfort démarre jeudi avec une programmation qui embrasse à la fois les racines historiques du festival et l'amour grandissant de ses visiteurs pour le rap.

"En 1989, une utopie est devenue réalité. Un espace musical, où les générations ne se regardent pas en chiens de faïence et trouvent le même bonheur quand elles passent les portes du festival, a vu le jour", explique à l'AFP Jean-Paul Roland, directeur des Eurockéennes.

À l'époque, Jacques Higelin, Noir Désir, CharlElie Couture ou Elmer Food Beat rassemblaient quelque 10.000 festivaliers sur les pelouses de la presqu'île du Malsaucy.

Santana, David Bowie, Blur, Muse, Oasis et des dizaines d'autres ont électrisé l'été belfortain les décennies suivantes, transformant le festival en rendez-vous incontournable des amoureux du rock, avec près d'un million et demi de visiteurs depuis sa création.

Cette année, "un peu plus de 130.000 participants" - un record - sont attendus de jeudi à dimanche pour les concerts des vétérans Nine Inch Nails, Texas, Queens of the Stone Age, Alice In Chains ou Liam Gallagher.

"Le secteur a changé et le public s'est renouvelé, mais on a toujours cette base rock historique et notre objectif reste le même: organiser une grande fiesta en lien avec la jeunesse et en faisant la promotion des musiques actuelles", indique Jean-Paul Roland.

"Ce n'est pas parce que c'est une date anniversaire qu'il faut que l'on change le principe généraliste de notre rendez-vous où têtes d'affiche côtoient les découvertes du moment", ajoute-t-il.

- Le rap prend le pouvoir -

Soixante-deux concerts rock, électro, pop et hip-hop, répartis sur quatre scènes, rythmeront les 30 ans, pour une "édition XXL", selon les organisateurs.

L'electro énervée du DJ guatémaltèque Carnage, la pop sensuelle des Américains de Cigarettes After Sex ou la variété française de Juliette Armanet: les Eurockéennes jonglent cette année encore avec les styles musicaux.

Si les musiques urbaines ont toujours été bien représentées, MC Solaar en tête d'affiche dès 1992, le rap se taille désormais la part du lion... de Belfort.

Le Belge Damso, Orelsan, les vedettes américaines Macklemore et Rick Ross, le phénomène indonésien Rich Brian, mais aussi les valeurs montantes Lomepal, Bigflo & Oli et Moha La Squale succéderont à PNL et Booba en 2017.

"Les show rap se sont étoffés. Booba, qui était un peu vu comme une incongruité dans la programmation l'année dernière, a cartonné... C'est le jour où on a eu le plus de monde", confesse le directeur du festival.

"C'est aussi un signe d'ouverture. On a des programmateurs à l'écoute qui vont sentir le temps", avance-t-il.

Outre Beth Ditto (ex-Gossip) en maîtresse de cérémonie, un coup de projecteur sera mis vendredi sur des artistes dont l'oeuvre est marquée par des thèmes LGBT à la scène lacustre de La Plage.

Les Eurockéennes, manifestation à but non lucratif, disposent d'un budget, revu à la hausse, de 9 millions d'euros (contre 8,4 millions en 2017), dont 7% viennent de subventions publiques, 24% du mécénat et du sponsoring, et le reste de ressources propres (billetteries, buvette, recettes publicitaires...).

A la programmation musicale s'ajoute l'installation d'une grande roue qui permettra aux festivaliers de "voir le territoire de Belfort de manière inédite" et d'une gigantesque fresque de street art au coeur de la ville.

Pour "souffler les bougies", la patrouille de France fendra le ciel du Malsaucy jeudi, à 19H15, peu après l'inauguration de cette 30e édition.

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