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Stéphane Bern, électron libre au service du patrimoine

Stéphane Bern, électron libre au service du patrimoine
Stéphane Bern avec le président Macron le 16 septembre 2017 à Marly-le-Roiludovic MARIN

Stéphane Bern chargé d'une mission sur le patrimoine par Emmanuel Macron: l'annonce en avait fait sourire certains, mais en huit mois, l'animateur vedette a su jouer de sa popularité et de sa proximité avec le chef de l'Etat pour venir à la rescousse de monuments en péril.

Stéphane Bern a ainsi repris à son compte la création d'un loto du patrimoine, annoncée en novembre dernier par la ministre de la Culture Françoise Nyssen, lors de la présentation de sa "stratégie pluriannuelle" en faveur du secteur.

Défendue depuis longtemps par certains élus, comme le maire de Versailles, François de Mazières, l'idée n'est pas nouvelle. Mais l'animateur de 54 ans, présent le midi sur RTL et sur la télévision publique avec des émissions sur le patrimoine ou lors de grandes manifestations comme les mariages princiers ou le concours de l'Eurovision, en est devenu "un formidable faire-valoir", a reconnu la ministre.

"Il a su créer une complicité avec les Français autour du patrimoine", reconnaît Françoise Nyssen dont la "cohabitation" depuis septembre 2017 avec le présentateur de "Secrets d'histoire" (France 2) a parfois donné lieu à des tensions.

"Le loto est une idée présente depuis longtemps dans les esprits, mais Stéphane Bern a +emporté le morceau+" auprès du président de la République, confirme à l'AFP Philippe Bélaval, président du Centre des Monuments nationaux.

Même si le loto, qui devrait permettre de récolter de 15 à 20 millions d'euros, "ne peut pas résoudre tous les problèmes de financement du patrimoine", il présente "la double qualité de ne pas peser sur le contribuable et d'être mobilisateur", fait valoir le patron du Centre qui gère près de cent monuments appartenant à l'État.

Les Français restent attachés à leurs grands lieux historiques, religieux, architecturaux voire industriels, comme le montre le succès des Journées européennes du patrimoine qui ont encore attiré 12 millions de visiteurs en septembre.

- Faux naïf -

Faux naïf ou vrai candide, Stéphane Bern a joué à plein de son statut d'électron libre, quitte à susciter parfois à embarrasser la ministre de tutelle.

Peu après sa nomination, il suggère de faire payer l'entrée des cathédrales, provoquant une mise en garde de l'Eglise. Les cathédrales sont "avant tout" des "lieux de prière et de culte dont l'accès doit être libre", rappelle la conférence des évêques de France. Stéphane Bern avait alors précisé qu'il ne "s'agissait pas de faire payer les fidèles quant ils vont à la messe..."

Sensible au ton un peu ironique de certains médias lors de sa désignation, ce spécialiste des tête couronnées a dénoncé "un procès d'intention". "On peut me reprocher ce qu'on veut, mais par mes émissions, je crois avoir popularisé la défense du patrimoine."

De fait il est depuis dix ans le "Monsieur Patrimoine" du service public avec plusieurs programmes en prime time, comme "Le Monument préféré des Français", "Le Village préféré des Français", "Visites privées" et "Secrets d’histoire", dont le 118e numéro, le 15 mai, a réuni plus de deux millions de téléspectateurs.

En février dernier, Stéphane Bern s'en prend aux fonctionnaires du ministère de la Culture, qui "prêtent toute leur énergie pour vous mettre des bâtons dans les roues plutôt que de faire leur travail". "Je dérange évidemment, car d'abord, c'est un aveu d'échec (...) si le patrimoine est dans un si mauvais état", lance ce Franco-Luxembourgeois.

Des sorties d'autant plus vite oubliées que l'animateur a conservé le soutien du président de la République, "le premier de ces dernières années qui ait décidé de prendre à bras le corps le problème du patrimoine", selon lui.

Stéphane Bern, qui ne cache pas ses inclinations royalistes, sera au côté d'Emmanuel Macron jeudi soir lors d'une grande réception à l'Elysée pour la promotion du nouveau jeu de loto.

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