Tout l'été, le "Voyage à Nantes" célèbre "le pas de côté"

Un homme-statue en costume un pied dans le vide, une fontaine qui débloque et déborde, une caravane en apesanteur sur un toit: pour sa 7e édition, le "Voyage à Nantes", parcours artistique estival devenu un moteur touristique de la ville, célèbre le "pas de côté" et la singularité.

Sur la place du Bouffay, dans le quartier historique du centre-ville de Nantes, une étrange statue s'est immiscée au milieu des terrasses de cafés. La sculpture en bronze de 2,5 mètres de haut représente son créateur lui-même, l'artiste Philippe Ramette, affublé d'un costume, un pied bien posé sur son socle, l'autre en équilibre dans le vide.

L’œuvre, intitulée "Nantes. Éloge du pas de côté", est un hommage à la ville et à son "attitude artistique, mais aussi mentale", indique l'artiste, qui a disséminé quatre autres éloges - transgression, paresse, discrétion, adaptation - dans autant de lieux.

"Nantes est une ville discrète, élégante comme ce personnage, mais qui a été capable de faire ce pas de côté. Cette œuvre est vraiment une représentation de le la ville, c'est là et nulle part ailleurs", salue Jean Blaise, directeur général du "Voyage à Nantes" (VAN).

Cette manifestation d'art contemporain a été lancée en 2012 avec l'objectif de "renverser" Nantes grâce à la culture tout en dopant la fréquentation touristique lors des deux mois d'été auparavant mornes.

En six ans, les nuitées hôtelières ont connu "une hausse de 77% en juillet-août" et les retombées économiques du VAN, qui a attiré l'an dernier 670.000 touristes et excursionnistes estivaux, sont évaluées à 53 millions d'euros, souligne son directeur général.

- "On s'amuse avec la ville" -

Pour cette édition 2018, les visiteurs, dont de plus en plus de touristes étrangers, pourront découvrir jusqu'au 26 août une vingtaine de nouvelles étapes -dans l'espace public ou en intérieur- sur un parcours pérenne, signalisé par une ligne verte tracée au sol sur 15 kilomètres.

Place Royale, la fontaine et son écoulement d'ordinaire si paisible et rassurant débloque, tel "un accident", souligne l'artiste Michel Blazy. Un programme informatique modifiant son fonctionnement déclenche de façon aléatoire de grands jets d'eau verticaux et des débordements de toute part, arrosant et interpellant les passants.

Le collectif Block architectes s'est lui amusé de l'école d'architecture, un bâtiment souvent confondu avec un parking, en installant sur le toit-terrasse une voiture et sa caravane suspendue au-dessus du vide, comme si elle avait trop reculé.

"On s'amuse avec la ville et la ville veut bien jouer avec nous, et de plus en plus", se réjouit Jean Blaise. Des commerçants laissent ainsi des artistes réinterpréter leur enseigne, comme cette croix de pharmacie prenant la température du client à l'aide d'un capteur infrarouge à la hauteur des globes oculaires.

Le "Voyage à Nantes" s'introduit aussi dans les musées et des monuments du patrimoine historique. Au cœur du Théâtre Graslin, un corps en cristal soufflé signé Daniel Firman est traversé de fluides lumineux rouge et blanc, un "squelette-néon" flottant au-dessus du parterre.

Le parcours de cette septième édition sera lancé de façon festive samedi soir lors de la "Nuit du VAN", avec notamment 24 heures de musique assurées par 80 groupes de la scène musicale locale, en écho à l'exposition "Rock ! une histoire nantaise" proposée depuis février au château des ducs de Bretagne.

Le VAN propose également des étapes dans le vignoble nantais et de Nantes à Saint-Nazaire pour découvrir les œuvres de la collection permanente "Estuaire". Il s'exporte pour la première année jusqu'au Mont-Saint-Michel, en passant par Saint-Nazaire, Rennes et Saint-Malo, dans le cadre du parcours "Traversée moderne d'un vieux pays", destiné à attirer les touristes américains et asiatiques.

Le programme complet sur www.levoyageanantes.fr

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