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Villiers et l'"anneau de Jeanne d'Arc": relaxe pour deux historiens attaqués en diffamation

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La bague censée avoir appartenu à Jeanne d'Arc photographiée au Puy du Fou en mars 2016JEAN-SEBASTIEN EVRARD
histoire

Deux historiens poursuivis en diffamation pour avoir critiqué l'utilisation par Philippe de Villiers, au sein du parc du Puy du Fou, d'une bague attribuée à Jeanne d'Arc ont été relaxés lundi.

Dans leur tribune, publiée le 25 mars 2016 par Le Monde et intitulée "Comment Philippe de Villiers récupère le mythe de Jeanne d'Arc", les médiévistes William Blanc et Christophe Naudin revenaient sur l'achat aux enchères d'un anneau "associé" à Jeanne d'Arc et sur l'utilisation de cet objet et de cette figure historique par l'ex-candidat souverainiste à la présidentielle, au bénéfice du parc d'attractions vendéen.

L'objet est utilisé comme "attraction principale dans un spectacle" du Puy du Fou, faisaient valoir les deux historiens, et est le reste du temps exposé dans une chapelle du château, à l'extérieur du parc.

Dans l'article d'opinion commandé par Le Monde, ils pointaient notamment un aspect de l'"utilisation symbolique de l’Histoire à des fins mémorielle, politique et économique" qu'ils estimaient mercantile et non scientifique. Les spécialistes de cette période ne s'accordent notamment pas sur le fait que la bague ait appartenu à coup sûr à la pucelle d'Orléans.

A l'audience le 19 novembre, l'avocat de la défense Emmanuel Tordjman avait plaidé la relaxe, martelant qu'"aucun fait précis" n'était imputé à M. de Villiers et que le "profit considérable" tiré de l'anneau - et que ses clients avaient reproché à l'homme politique - n'était pas nécessairement "d'ordre financier".

Dans son jugement que l'AFP a pu consulter, le tribunal a notamment estimé que les auteurs de l'article avaient "une base factuelle suffisante afin de leur permettre d'étayer leur opinion" et que le texte était "rédigé avec prudence". "Les propos incriminés (...) ne dépassent pas les limites admissibles de la liberté d'expression, s'agissant d'un débat relatif à l'appréhension et l'exploitation d'un personnage historique tel que Jeanne d'Arc, par un parc à thématique historique connaissant un succès croissant", a-t-il estimé.

A l'audience, l'avocat de M. de Villiers, Gilles-William Goldnadel, s'était surtout attaché à redire que son client n'avait "jamais tiré un seul centime" du parc qu'il a créé en 1978.

"Philippe de Villiers ne se présente pas comme un historien scientifique mais comme un amoureux de l'Histoire de France" voulant donner "le goût de l'Histoire aux petits et aux grands", avait-il argué.

Pour le préjudice moral causé à son client par cet "article de mauvaise facture" écrit par des historiens selon lui "pas très capés", Me Goldnadel avait demandé 50.000 euros de dommages et intérêts et un euro symbolique au journal, dont le directeur Louis Dreyfus était également poursuivi en tant que directeur de publication.

Ce dernier a également été relaxé.

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