Yannick Nézet-Séguin, un chef d'orchestre hyperactif arrive à New York

Yannick Nézet-Séguin, un chef d'orchestre hyperactif arrive à New York
Yannick Nézet-Séguin lors d'un concert à Montréal le 30 juillet 2015 Clement Sabourin

Il dirige quatre orchestres en même temps, multiplie les déplacements et les allers-retours, mais le chef d'orchestre québécois Yannick Nézet-Séguin doit désormais incarner une institution, le Metropolitan Opera de New York.

Né le 6 mars 1975, ce fils d'universitaires montréalais ne vient pas d'une famille de musiciens classiques.

"On écoutait autant du Joe Dassin que du Beethoven" à la maison, expliquait-il dans un entretien à la radio France Musique, en décembre. "C'était ce genre d'écléctisme, qui était génial, en fait."

Pianiste dès 5 ans, il est convaincu, dès 10 ans, qu'il sera chef d'orchestre. A 13 ans, il dirige des choeurs et gagne son argent de poche en animant les chants de messe dans des églises de Montréal.

"Ca ne m'a jamais vraiment attiré d'être un pianiste de concert. Il y avait trop de solitude là-dedans. Pour moi, c'était la musique en groupe qui était essentielle", a-t-il expliqué dans un entretien au quotidien suisse Le Temps.

La direction, "c'est là que mon apport s'épanouit le plus."

En 2000, à 25 ans, il prend la direction artistique de l'Orchestre Métropolitain de Montréal.

Il fait rapidement parler de lui hors des frontières du Canada et dirige un peu partout dans le monde.

Plus de 17 ans après ses débuts, il reste l'un des jeunes chefs dont l'enthousiasme communicatif, le charisme naturel et l'énergie insatiable lui permettent de dépasser les frontières du monde de la musique classique.

Certains lui reprochent de se disperser et de manquer de vision, mais ses prestations sont le plus souvent saluées par le public et la critique.

En 2006, il prend la tête du Rotterdams Philharmonisch Orkest, puis, en 2012, celle du Philadelphia Orchestra.

Avec son visage juvénile et sa gentillesse naturelle, Yannick Nézet-Séguin n'a pas l'image forte de grands chefs historiques. Mais il compense par une forte capacité de travail et un talent pour partager sa passion du classique.

- Le tempo s'accélère -

Pour s'assurer la venue de ce "maestro" très demandé, le Metropolitan Opera a fait des concessions, le laissant notamment conserver la direction du Philadelphia Orchestra et même prolonger son bail jusqu'en 2026.

Il a accepté en 2016, avec la perspective de ne rejoindre New York qu'en 2020, quatre ans plus tard.

Mais fin décembre, tout s'est accéléré avec la mise à l'écart du directeur musical sortant, la légende James Levine, accusé par quatre hommes d'agressions sexuelles.

Le Met a annoncé jeudi avoir obtenu de Yannick Nézet-Séguin qu'il anticipe de deux ans son arrivée, soit dès la saison prochaine.

Il va devoir redonner de l'élan à une institution qui se cherche: les recettes du Met s'effritent chaque saison, victimes de l'image un peu poussiéreuse de l'opéra.

"C'est ma responsabilité d'essayer de faire l'impossible pour rendre la transition encore plus saine", avait-il expliqué à France Musique après l'affaire Levine, "parce qu'elle n'est déjà pas facile, cette transition".

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