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Données privées: Pékin envoie des enquêteurs au siège de Didi

Données privées: Pékin envoie des enquêteurs au siège de Didi
Le siège de Didi à Pékin, le 2 juillet 2021Jade GAO
 
 

Les régulateurs chinois et plusieurs ministères ont dépêché des enquêteurs dans les locaux de Didi, le "Uber chinois" dans le collimateur de Pékin depuis son entrée en Bourse à Wall Street, ont-ils annoncé vendredi.

L'entreprise, qui domine dans son pays le marché de la réservation de voitures avec chauffeur (VTC), est visé depuis le début du mois par une enquête en lien avec sa collecte de données privées.

Sur ordre des autorités, l'application ne peut plus être téléchargée, une mesure toutefois sans conséquence pour les usagers de Didi l'ayant déjà installée sur leur téléphone.

Ces déboires interviennent après la levée fin juin par Didi de 4,4 milliards dollars (3,7 milliards d'euros) lors de son entrée à la Bourse de New York.

Vendredi, Pékin semble avoir durci le ton. Dans un communiqué commun, les régulateurs du marché et du cyberespace, ainsi que cinq ministères ont annoncé envoyer des équipes au siège de Didi pour passer en revue les questions de sécurité autour des données personnelles.

Le ministère de la Sécurité publique fait partie de la liste. Il est relativement peu commun pour un géant de la tech d'être visé par une enquête impliquant autant de ministères et d'institutions.

Pékin a longtemps encouragé ses entreprises à se mondialiser. Et nombre d'entre elles lèvent des fonds aux Etats-Unis pour se développer.

Mais dans un contexte de rivalité croissante avec Washington, en particulier dans le domaine de la tech, Pékin redoute désormais que des données cruciales accumulées par ses géants ne fuient à l'étranger. Raison pour laquelle la Chine souhaite durcir les conditions de cotation à l'étranger pour ses entreprises, priées au préalable d'être irréprochables en matière de cybersécurité.

Les entreprises liées à l'internet sont particulièrement dynamiques en Chine où une législation jusque-là relativement laxiste sur les données, et l'absence de concurrents étrangers, ont permis à des géants locaux d'émerger. Mais Pékin fait ces derniers mois preuve de davantage de fermeté et a lancé des procédures à l'encontre de nombreuses entreprises, priées de "rectifier" des pratiques jusque-là tolérées.

Vendredi dernier, l'administration chinoise du cyberespace a ainsi ordonné le retrait des plateformes de téléchargement de 25 applications appartenant à Didi, en raison de "graves manquements" en matière de données.


 




 

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