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Fauteuil roulant gonflable ou moto volante, la tech est aussi un rêve d'entrepreneur

 
 

"Le problème d'équilibre n'est pas résolu", reconnait Ryosuke Yamamura en montrant sa draisienne gonflable sur un stand du salon VivaTech, à Paris. Mais le fauteuil roulant gonflable et motorisé de sa structure pourrait être commercialisé "d'ici 3 ou 5 ans".

À côté du dernier concept-car d'Audi, du véhicule automatique d'inspection des cultures de Google ou du robot-chien acquis par la RATP pour inspecter ses infrastructures, le salon des start-up et de la tech accueille aussi une myriade de petits entrepreneurs ou créateurs, à la recherche de partenaires et d'investisseurs, comme Ryosuke Yamamura.

Non loin de l'ingénieur japonais à l'anglais hésitant, le Polonais Tomasz Patan présente lui son prototype de moto volante, Jetson?: une sorte de mini-buggy individuel porté par huit rotors, d'une autonomie de vol de 20 minutes à une vitesse de 70 km/heure, et vendu 92.000 dollars.

"Nous en avons prévendu 400 exemplaires, et nous commençons les livraisons en 2023" aux États-Unis et en Pologne, deux pays ou la législation permet la circulation de ce type d'engins volant, explique Tomasz Patan.

Il s'est lancé sur ses fonds propres ("J'ai du vendre mes deux voitures") mais lève en ce moment les fonds pour lancer la production en série, avec sa petite structure de 12 personnes.

Hébergée avec d'autres start-up sur un grand stand de l'Institut Mines Telecom (IMT), Carla Sarantellis, designer issue d'une famille d'inventeurs, présente un vélo électrique en bambou.

Des tubes de bambous reliés par des jointures en carbone (recyclables) fournissent le cadre du vélo.

La machine de 15 kilos seulement cherche à séduire une clientèle amatrice de matériaux esthétiques et bio-sourcés, au prix de 3.300 euros TTC en version électrique et 2.400 euros TTC en version musculaire uniquement.

Elle "représente six ans de développement", explique Carla Sarantellis, dont la société a déjà produit 150 exemplaires en pré-série.

– Rêve à la réalité –

Après un parcours qui l'a menée notamment au Vietnam, où elle a monté pour une ONG une activité de fabrication de linge de maison, l'entrepreneuse a financé son projet sur des fonds privés, avec le renfort de la banque publique pour le financement de l'innovation Bpifrance. "Nous allons recevoir 500.000 euros" en avance remboursable, indique-t-elle.

Les cinq jeunes cofondateurs de HDRone, une start-up de livraison de produits pharmaceutiques par drone, planifient de leur côté un véritable début d'exploitation de leur service en 2023, à Marconnelle (Pas-de-Calais) et à Toulenne (Gironde).

Depuis 2018, ils peaufinent leur projet, grâce notamment au financement d'un investisseur privé?: permettre à des pharmacies en milieu rural de livrer leurs clients par drone dans les villages environnants, dans un rayon de dix kilomètres.

"Les pharmaciens souvent ne peuvent pas répondre aux besoins de livraison aux alentours", explique Alexandre Conflitti, 27 ans, l'un des cinq cofondateurs de ce projet.

"Une livraison par drone émet 22 fois moins de CO2 qu'une livraison en scooter" à moteur atmosphérique, indique-t-il, en annonçant un prix de 8,99 euros la course.

Sur son stand, Alexandre Conflitti salue Rodolphe Hasselvander, le fondateur de Blue Frog Robotics (petits robots humanoïdes), avec qui il a animé une table ronde sur la tech il y a quelques années.

Après des années d'effort, celui, dont l'entreprise emploie une vingtaine de personnes, est passé du rêve à la réalité commerciale?: son petit robot destiné à "créer du lien", notamment pour des enfants et des personnes âgées, "a été vendu à 1.300 exemplaires". Et il vient de recevoir une commande de 2.000 exemplaires de l'Éducation nationale.


 

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