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Google/Facebook: l'UE étudie de près leur utilisation de données personnelles

Google/Facebook: l'UE étudie de près leur utilisation de données personnelles
La Commission européenne a annoncé le 2 décembre "une enquête préliminaire" sur la collecte et l'usage des données personnelles par Google et FacebookLEON NEAL, LOIC VENANCE

La Commission européenne a indiqué lundi avoir entamé une "enquête préliminaire" à l'encontre de Google et de Facebook, afin de savoir comment ils collectent les données personnelles de leurs utilisateurs et à quelles fins.

"La Commission a envoyé des questionnaires dans le cadre d'une investigation préliminaire sur les pratiques de Google et Facebook concernant l'utilisation des données" des utilisateurs, a indiqué dans un courriel à l'AFP une porte-parole de l'exécutif européen.

"Ces enquêtes portent sur la manière dont les données sont collectées, traitées, utilisées et monétisées, y compris à des fins publicitaires", a ajouté cette porte-parole.

Comme à son habitude, la Commission n'a pas précisé à qui avaient été envoyés ces questionnaires. Il s'agit d'une étape préliminaire qui peut déboucher sur une enquête formelle.

Lors d'une conférence lundi à Bruxelles, Nick Clegg, directeur mondial des affaires publiques de Facebook, questionné sur l'investigation de Bruxelles, a refusé d'y répondre de façon spécifique.

Facebook fait l'objet d'enquêtes sur diverses questions "dans le monde entier", a-t-il dit.

Il a cependant mis en garde les régulateurs de ne pas se laisser enfermer dans un raisonnement inadapté quand il s'agit de données.

"Cette formule que l'on entend souvent +les données sont du pétrole+ est profondément inutile. Ce n'est pas quelque chose que l'on extrait du sol, que l'on brûle dans un moteur, et voilà", a-t-il dit.

"Les données sont infiniment divisibles et infiniment partageables. Les données sont quelque chose que vous pouvez à la fois partager et garder en même temps", a-t-il ajouté.

"Pour une entreprise comme Facebook, nous exhortons les régulateurs et législateurs à ne pas se laisser piéger par des comparaisons qui ne s'appliquent pas au monde numérique", a-t-il poursuivi.

De son côté, un porte-parole de Google a affirmé, dans un courriel à l'AFP: "nous utilisons les données pour rendre nos services plus utiles et pour afficher des publicités pertinentes".

"Nous donnons aux gens les moyens de gérer, supprimer ou transférer leurs données", a-t-il poursuivi. Et de promettre de "continuer à participer avec la Commission à cette importante discussion".

Il y a trois ans, le 26 septembre 2016, la Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, avait déjà prévenu qu'elle allait "surveiller de très près" les entreprises qui collectent et utilisent des données personnelles, comme Facebook, WhatsApp (détenu par Facebook) ou Google.

La Danoise, qui a, depuis son entrée en fonction à la Commission en novembre 2014, infligé à Google trois amendes pour abus de position dominante dans différents secteurs avait alors prévenu: "les compagnies qui utilisent des +mégadonnées+ (ou "big data") doivent respecter les règles".

Dans la nouvelle Commission européenne, Mme Vestager est montée en grade: elle est désormais vice-présidente, détient toujours le portefeuille de la concurrence, mais est en outre chargée de la régulation du numérique.

Par ailleurs, Facebook a annoncé lundi le lancement d'un nouvel outil pour que ses utilisateurs en Irlande puissent transférer facilement des photos et vidéos vers Google Photos, un service proposé par son concurrent.

Il a promis d'étendre, à l'avenir, ce service à d'autres pays et à d'autres plateformes.

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