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Il n'y a pas que les téléphones portables qui sont concernés par l'obsolescence programmée, ces objets du quotidiens le sont aussi

Il n'y a pas que les téléphones portables qui sont concernés par l'obsolescence programmée, ces objets du quotidiens le sont aussi

On a beaucoup parlé ces dernières semaines de l'obsolescence programmée de certains téléphones portables. C’est une pratique qui consiste à programmer une durée de vie limitée aux appareils, forçant du coup les clients à en acheter des neufs. Et cette obsolescence programmée concerne beaucoup d'autres appareils : des téléviseurs aux cartouches d'encre pour imprimantes.

Dans son atelier, depuis 34 ans, Michel répare des téléviseurs et presque tous présentent la même panne. C’est la platine-mère qui rend l’âme. La platine, c’est la source électronique d’une télévision et Michel la répare quand il le peut. "Ça, c’est des platines LCD qui sont défectueuses et qui ne sont pas réparables, alors il faut changer la platine et très souvent, il n’y a plus de platine sur le marché", explique-t-il. Seule solution : racheter une télé.


Une ampoule allumée depuis plus de 100 ans

À la caserne des pompiers de Livermore, aux Etats-Unis, une ampoule brille sans arrêt depuis 1901.
 Il s’agit de la plus vieille ampoule à incandescence du monde. À l’époque, les ampoules étaient faites pour durer longtemps, peut-être trop au goût des industriels. En 1924, les leaders des secteurs se sont retrouvés à Genève et c’est le début de l’obsolescence programmée. "L’objectif étant de contrôler le marché des ampoules et éviter une concurrence destructrice et optimiser les marges. Et par la même occasion, ils se sont mis d’accord sur l’idée de réduire la durée de vie des ampoules à 1.000 heures alors qu’on était capable de faire trois ou quatre fois plus", raconte Philippe Moati, professeur d’économie à l’université Paris-Diderot.


Et les cartouches d'imprimante?

Rapidement, ce modèle ne s’arrête plus au marché des ampoules. Par exemple, les cartouches d’encre de nos imprimantes et leurs puces électroniques ont une durée de vie programmée. "C’est cette puce qui permet de tout contrôler. Elle permet à l’imprimante de conter le nombre d’impressions, au bout d’un certain nombre d’impressions, ça bloque, donc vous êtes censé enlever la cartouche, la changer et puis en racheter une nouvelle", détaille Camille Fabacher, membre de l’association "Halte à l’obsolescence programmée". Sauf que si on en croit cette militante, les cartouches ne sont pas encore vides. "Le problème, c’est que les cartouches sont opaques, elles ne sont pas transparentes, les gens ne voit pas ce qui reste", ajoute-t-elle.

Dans un magasin de recharge, un spécialiste fait un test sur une cartouche soi-disant vide et il découvre qu’il reste encore deux millilitres à l’intérieur, de quoi imprimer 50 pages. 


Paul a créé une imprimante qui dure beaucoup plus longtemps

Face à ce constat, Paul, 26 ans, a inventé une imprimante démontable et réparable soi-même.
 « Mon projet implique de renverser le modèle. Ça a plus de sens d’acheter cher une machine qui va durer très longtemps pour ensuite avoir de l’encre moins chère et du cou rentrer dans ses frais au bout de 5-10 ans », assure Paul Morin, Designer. Sa maquette est exposée dans une galerie, mais pour l’heure aucun industriel ne s’est montré intéressé.

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