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Comment fonctionne FaceApp, l'application qui vous vieillit mais qui est soupçonnée de vous espionner ?

Comment fonctionne FaceApp, l'application qui vous vieillit mais qui est soupçonnée de vous espionner ?
© RTL INFO

L'application FaceApp, qui permet de transformer son visage en quelques clics et est devenue récemment très populaire sur les réseaux sociaux, a fait l'objet de plusieurs mises en garde aux Etats-Unis. Revenons sur son fonctionnement.

Téléchargée plus de 100 millions de fois, FaceApp fait fureur. Cette application vous permet de transformer puis partager une photo de vous. Le cliché peut par exemple vous donner 60 ans de plus, ou vous rajeunir. Mais pour y avoir accès, vous devez partager avec FaceApp un certain nombre de vos données personnelles, en réalité l'accès aux fichiers de votre smartphone. Ce qui inquiète, même si ce n’est pas nouveau: de nombreuses applications ont le même genre de politique. 

"Le FBI et la FTC (l'entité qui protège les consommateurs aux Etats-Unis, NDLR) doivent immédiatement évaluer les risques pour la sûreté nationale et la vie privée car des millions d'Américains ont utilisé (FaceApp)", affirme un sénateur américain, Chuck Schumer, sur Twitter. 

Il argumente: cette application "est la propriété d'une société basée en Russie et les utilisateurs doivent fournir un accès complet et irrévocable à leurs photos et à leurs données personnelles", ajoute-t-il.

Dans la lettre qu'il a adressée au FBI et à la FTC, le responsable politique estime que "la localisation de FaceApp en Russie soulève des questions sur comment et quand la société fournit les données de citoyens américains à des parties tierces, y compris éventuellement à des gouvernements étrangers".

Que va-t-il advenir de mes photos ?

La société derrière l'application peut donc garder des photos de vous. "Au moment où je communique une photo à FaceApp, puis-je légitimement savoir ce qui va être fait dans les années à venir avec ces données ? On pourrait imaginer que mon image soit utilisée à des fins publicitaires, pour améliorer leur loigiciel de reconnaissance faciale, mais aussi à des fins de surveillance étatique", selon Didier Chaumont, conseille juridique et spécialiste du RGPD.

C'est ça qui pose problème, en réalité, pour le grand public.

En cas de litige, le RGPD, le règlement de protection des données s’applique. Dans certaines conditions, les citoyens européens ont la faculté de demander aux sociétés de supprimer leurs photos et leurs données personnelles. Reste à faire appliquer la loi à des entreprises russes ou américaines...

Depuis 2017

FaceApp, développée par l'éditeur russe Wireless Lab et qui existe depuis 2017, propose de télécharger une photo de l'utilisateur et de la modifier à l'aide de filtres, pour ajouter un sourire, se faire vieillir ou rajeunir, modifier son teint.

Elle a soudainement connu un regain de popularité alors que les images de célébrités et d'inconnus avec rides et cheveux blancs se répandaient a toute vitesse sur internet. FaceApp est actuellement l'application gratuite la plus téléchargée sur Google Play, ou elle a séduit plus de 100 millions d'utilisateurs.

Les responsables démocrates américains, dont certains ont été la cible de hackers russes pendant la campagne pour l'élection présidentielle de 2016, sont particulièrement sensibles a toute surveillance possible de la part de Moscou.

Le patron de la société russe, Iaroslav Gontcharov, a pour sa part assuré dans une interview au Washington Post que Wireless App n'utilisait pas les photos pour d'autres utilisations que l'application et que la plupart des photos étaient détruites de ses serveurs dans les 48 heures après leur téléchargement. Il a aussi affirmé que si la société était bien basée en Russie, les données des utilisateurs n'y étaient pas transférées.

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