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La Californie interdit la reconnaissance faciale sur les caméras des policiers

La Californie interdit la reconnaissance faciale sur les caméras des policiers
Démonstration d'un système de surveillance à reconnaissance faciale d'une foule dense, au CES de Las Vegas, le 10 janvier 2019DAVID MCNEW

Les policiers de Californie n'auront pas le droit d'utiliser des logiciels de reconnaissance faciale sur leurs caméras embarquées pendant trois ans, selon une loi ratifiée cette semaine par le gouverneur démocrate de cet Etat du sud-ouest des Etats-Unis.

Le texte avait été porté par Phil Ting, un élu de San Francisco, devenue en mai dernier la première ville américaine à bannir toute utilisation d'outils de reconnaissance faciale par les forces de l'ordre en invoquant des inquiétudes croissantes pour la protection de la vie privée.

"La technologie de reconnaissance faciale revient à transformer les caméras embarquées" portées par les policiers "en outil de surveillance 24 heures sur 24, permettant aux forces de l'ordre de suivre à la trace nos moindres mouvements", estime Phil Ting.

Autre travers majeur à ses yeux, cette technologie "n'est pas encore mûre car elle associe à tort des gens innocents à des photos de police, moi y compris", a écrit sur Twitter Phil Ting, se réjouissant de l'adoption de cette loi.

L'élu faisait en effet partie des 26 parlementaires qui avaient été "reconnus", de façon erronée, par un logiciel parmi les visages figurant dans une base de données de délinquants lors d'une démonstration organisée par la puissante association de défense des droits civiques ACLU. Au total, les photos de 120 élus avaient été comparées à cette base de données publique.

Le géant technologique Amazon, créateur du logiciel Rekognition employé par l'ACLU lors de cette démonstration, avait à l'époque dénoncé ce test comme un coup de publicité, affirmant que le logiciel n'avait pas été correctement utilisé.

La loi adoptée par la Californie affirme en outre que ces techniques de surveillance biométriques sont moins fiables quand il s'agit d'identifier des femmes, des jeunes gens ou des "gens de couleur", ce qui crée pour ce pan de la population un risque accru et "néfaste" d'identification erronée.

Le moratoire de trois ans ne s'applique qu'aux caméras corporelles mais n'empêche pas les forces de l'ordre d'utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour des caméras fixes ou d'autres applications.

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