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La téléphonie mobile enfin abordable: quel abonnement choisir ?

 
 

Concurrence, nouvelle loi... l'âge d'or des opérateurs téléphoniques est passé. Désormais, pour moins de 15€ par mois, vous pouvez appeler deux heures, envoyer autant que SMS que vous le souhaitez et surfer avec votre smartphone. Explications.

Vous l'avez sans doute remarqué: depuis quelques mois, les opérateurs de téléphonie mobile se livrent à une guerre des prix. C'est à celui qui offrira le plus, au plus bas prix. Et pour une fois, le grand gagnant, c'est votre portefeuille. En ces temps de crise, voilà une bonne nouvelle.

C'est Mobistar qui a lancé le mouvement avec ces abonnements "animaux", l'automne dernier. Proximus a suivi en revoyant (à la baisse) ses tarifs, quelques temps plus tard.

Base, qui avait l'étiquette du "moins cher" depuis plusieurs années, a réagi mercredi passé, en chamboulant complètement sa grille d'abonnements. "Moi je dis: wouaw! Enfin un peu de démocratisation des prix en Belgique", nous confiait un internaute qui se réjouissait de l'illimité à 39€/mois de Base (voir encadré pour le détails des offres).

Mais que cache cette baisse des prix ? D'où vient-elle et quelles sont les conséquences pour les opérateurs ? La rédaction de RTL info a enquêté.

 

Pourquoi les prix chutent ?

Cette soudaine baisse générale des prix, saluée par une étude du gouvernement qui confirme que les Belges font partie des mieux lotis, n'est pas due au hasard. Mobistar est clair: "C'est le jeu de la concurrence. Il y a beaucoup d'acteurs sur le petit marché belge, dont certains sont virtuels (Colruyt, Carrefour, etc). On en compte une quarantaine actuellement. Et cela faisait baisser les tarifs depuis un certain temps, d'environ 10% par an", nous a expliqué Mathieu Van Overstraeten, porte-parole de Mobistar.

Mais récemment, il y a eu deux éléments accélérateurs. "Tout d'abord, l'offre agressive de Telenet, en Flandre, avec ses abonnements King et Kong". C'est donc le câblo-opérateur flamand qui a lancé ce nivellement des prix par le bas. Les autres ont suivi et comme les offres sont nationales, et non régionales, les Wallons en ont également bénéficié.

"Il y a également la nouvelle loi des télécommunications, qui date d'octobre 2012. Elle permet à un client de changer d'opérateur sans frais, après 6 mois d'abonnement". Qui dit changement, dit marketing. Si tout le monde est libre de changer tous les six mois, il faut que les offres soient régulièrement mises à jour, et qu'elles soient alléchantes. D'où cette surenchère actuelle des opérateurs, au grand bénéfice des consommateurs.

 

Quelles conséquences pour les opérateurs ?

Si votre portefeuille est content, celui des opérateurs l'est forcément moins. "Les chiffres sont moins bons, c'est clair. Les recettes ont baissé et les dividendes des actionnaires aussi", nous a avoué Belgacom. Conséquence immédiate: "On fait attention aux dépenses en interne et certains projets sont tombés à l'eau".

"La situation actuelle est assez paradoxale. D'un côté, on investit plus car les gens consomment de plus en plus. Avec les SMS illimités et les smartphones qui sont simples à utiliser, les gens ne font plus attention et en Belgique, contrairement à d'autres pays d'Europe, l'usage du SMS augmente", poursuit-on chez Mobistar.

"De plus, si notre pays accusait un certain retard au niveau de l'internet mobile, ce n'est plus le cas. Ces derniers mois, la consommation de data (l'internet mobile, via la 3G, NDLR), a fortement augmenté".

Les frais de maintenance et d'entretien des réseaux grimpent, alors que les opérateurs doivent également investir dans la 4G, le futur de l'internet mobile très rapide. "Mais les recettes diminuent, à cause des prix qui baissent", constate-t-on chez Mobistar.

Belgacom reconnait cependant que l'augmentation de la consommation de 3G lui est bénéfique: "Les gens prennent d'autres abonnements, et sont attirés par notre internet fixe qui offre quelques centaines de mégabytes d'internet mobile".

Enfin, notons que la nouvelle loi des télécommunications, qui limite à six mois maximum la durée d'engagement des clients, a forcé les opérateurs à revoir leurs formules d'abonnement. Pour être clair: ils ne mentionnent plus de durée d'engagement, mais proposent un rabais. Si vous restez six mois chez eux (durée maximum que doit respecter l'utilisateur), vous payez 12€ par mois au lieu de 15€, chez Mobistar par exemple.

 

Certains se rattrapent sur d'autres produits

Mais l'argent perdu dans la téléphonie mobile n'est-il pas récupéré ailleurs? Par exemple, dans la téléphonie fixe ou dans les offres de télévision digitale…

Belgacom, dans un communiqué de presse du 2 avril annonçant les nouveaux tarifs (en baisse) pour les abonnements à la téléphonie mobile, a augmenté le prix des packs (+ 3 euros sur le populaire "Comfort") avec internet et TV. Pour faire passer la pilule, l'opérateur historique offre plus de volume internet fixe et mobile, et l'option "TV Partout", qui vous permet de regarder la télévision sur une tablette ou un smartphone.

"Certains produits n'avaient pas été indexés l'année dernière, et ils ont été augmentés. Mais on les met plus en valeur. Avec nos packs, si on fait le calcul, les utilisateurs qui combinent plusieurs abonnements paient moins qu'avant", nous a expliqué Haroun Fenaux, porte-parole de Belgacom.

 

A quand l'ouverture du marché TV/NET/FIXE ?

Encore faut-il pouvoir proposer ces autres services, ce qui n'est pas le cas de tous les opérateurs mobile. Théoriquement, ils pourraient tous louer les infrastructures existantes des câblo-opérateurs, comme le fait Base avec Belgacom pour proposer Snow, avec les difficultés que l'on connait.

Le régulateur les contraint depuis 2011 à le faire, mais selon les observateurs, les "câblos" perdent le plus de temps possible et leurs offres actuelles ne sont pas intéressantes. Il faudra attendre 2014 avant de voir des propositions convenables et donc, l'arrivée de plus de concurrence en matière d'offres "triple play", combinant la téléphonie, l'internet et la télévision numérique.

Avec à la clé, sans doute, une baisse des prix comparable à celle que connait actuellement les abonnements de téléphonie mobile. Le prix des télécoms pourrait encore chuter...

 

Mathieu Tamigniau (Twitter: @mathieu_tam




 

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