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Le RGPD, une arme de plus dans la lutte de Max Schrems pour la protection des données

Le RGPD, une arme de plus dans la lutte de Max Schrems pour la protection des données
Max Schrems, activiste autrichien, lors d'une interview avec l'AFP à Vienne, le 24 mai 2018JOE KLAMAR
Droit, Internet, INFORMATIQUE

Alors que le nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) entre en vigueur vendredi, un activiste autrichien, Max Schrems, dépose déjà les premières plaintes contre les géants du numérique. Cet homme âgé de 30 ans a mené bataille contre Facebook et obtenu des règles plus strictes dans le transfert des données personnelles.

Q: Le RGPD est-il à la hauteur de vos attentes en ce qui concerne la protection des données personnelles?

R: Je pense que le RGPD protège plutôt bien les données personnelles. Il y a certaines lacunes, il n'y a par exemple rien sur l'intelligence artificielle (...), donc nous aurons besoin d'une nouvelle loi à ce sujet. Mais je pense qu'en général, le RGPD est un bon point de départ pour vous donner une protection de base de la vie privée, que nous devrions avoir de toute façon. En Europe, c'est un droit fondamental, cela fait partie de la Charte des droits fondamentaux, donc c'est une sorte de droit constitutionnel au sens européen. Je pense que nous sommes en fait assez bien couverts par rapport à la plupart des autres pays.

Q: Vous portez des plaintes, dès vendredi, sur la base de cette nouvelle législation. Quelles compagnies visez-vous et de quelle manière estimez-vous qu'elles enfreignent le RGPD?

R: Nous avons créé une ONG, elle s'appelle NOYB, None of Your Business (pas tes affaires), pour faire respecter ces droits dans la pratique et le premier cas que nous présentons est celui du +consentement forcé+. Vous avez probablement vu ces fenêtres contextuelles qui s'affichent partout, disant +Vous devez accepter, sinon vous ne pourrez pas utiliser ce service+. Or le RGPD interdit explicitement cela. Il s'agit d'un cas clair, prévu dans la loi. Il y a des décisions des autorités européennes de protection des données et des directives qui disent que cela est totalement interdit. Nous venons donc de porter quatre plaintes: une en France contre Google sur Android, la deuxième contre Instagram en Belgique, la troisième à Hambourg contre WhatsApp et la quatrième en Autriche contre Facebook. Les quatre contraignent les utilisateurs de consentir à la politique de confidentialité, les empêchant en cas de refus d'utiliser leur service.

Q: Nous avons vu Mark Zuckerberg devant le Parlement européen il y quelques jours. Que pensez-vous de cette "tournée mondiale des regrets" qu'il est en train de mener?

R: C'est probablement la 51ème tournée du style: +Nous sommes vraiment désolés pour ce que nous avons fait+, à chaque fois dans une version différente. Mais nous voyons que la pression monte, avant ce n'était pas Zuckerberg qui se présentait, juste un porte-parole qui disait +Oh, nous sommes vraiment désolés+. Je pense que plus la numérisation fait partie de notre vie, plus cette question devient évidente, pressante (...) et c'est probablement un bon signe de voir que le PDG lui-même doit maintenant s'expliquer sur ce qu'ils font. Il faudra probablement 20 ans pour qu'ils n'aient plus à se justifier, parce qu'ils se conformeront enfin à ce genre de choses, mais je pense que c'est un premier pas.

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