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Les tests de Mathieu: iWeech, le vélo électrique le plus intelligent ?

Les tests de Mathieu: iWeech, le vélo électrique le plus intelligent ?
 
Les tests de Mathieu
 

Vendu 2.950€, soit environ 500€ de plus que la référence des vélos électriques urbains et connectés qu'est le Cowboy 4, iWeech est ambitieux et mise tout sur la simplicité d'utilisation et le calcul automatique de l'assistance. En bonus: un encombrement réduit grâce à sa taille, son guidon pliable et ses pédales rétractables.

J'en ai déjà parlé lors de ma rencontre avec les Belges de Cowboy et le test du vélo français Angell, le vélo électrique est divisé en deux catégories: les acteurs traditionnels du cycle (CannondaleSpecialized, Scott, …) et ces petites start-ups qui veulent proposer leur vision du vélo électrique, généralement 'urbain' et connecté. J'ai déjà parlé de Cowboy (le Belge est pionnier et a une longueur d'avance de termes de développement) et d'Angell, place à iWeech 

Il s'agit d'une entreprise du sud de la France, qui a commencé le développement du vélo iWeech il y a quelques années. Quelques centaines de vélos ont déjà été vendus à travers l'Europe, et l'entreprise prospecte actuellement de nouveaux marchés pour faire parler d'elle.  



Un design discutable, mais une compacité inédite 

Quand on a essayé le Cowboy 4 et l'Angell, on a essayé ce qui se fait de plus élégant au niveau du design d'un vélo. Angell mise sur le minimalisme et le tubulaire, quand Cowboy affine encore sa recette et parvient à davantage de pureté dans la ligne (tout est dissimulé dans le modèle 4, soudires et même les câbles).  

IWeech, pour son premier jet, semble un peu perdu. Ça manque d'homogénéité, je ne vois pas trop où le designer a voulu aller. C'est bien sûr une question de goût, et certains aimeront sans doute le mélange des couleurs (bleu et gris et noir), et le cadre que je trouve assez disproportionné avec cette grosse batterie au milieu 

Bref, quoi qu'il en soit, l'iWeech est assez petit, même si on ne le remarque pas au premier coup d'œil. Les roues ne font que 24 pouces contre généralement 26 ou 27 pouces. En ville ou dans les espaces réduits, le vélo est très facile à manœuvrer. Et c'est volontaire: le guidon du vélo peut même pivoter à 90 degrés pour être dans l'alignement du cadre, tandis que les pédales sont pliables. Il est donc possible de le ranger discrètement dans le train, dans un couloir, derrière une table de restaurant :


 

C'est à la fois original et intelligent. On pourrait craindre que cette petite taille induise une position de conduite inconfortable, mais ce n'est pas le cas, car le guidon est bien positionné. Avec mes 187 cm, je ne me suis jamais senti trop recroquevillé.  

Pour trouver plus petit et plus manipulable, il faut s'orienter vers les vélos électriques pliables, qui ont pas mal de contraintes.  

Tant qu'on évoque l'aspect design, vous aurez remarqué qu'il n'y a aucune forme de suspension. C'est bien un vélo de ville conçu pour le bitume, il vaut mieux éviter les bosses, les petits chemins, les pavés, etc, car on est bien secoué à 25 km/h. 

Un calibrage juste et intelligent 

Dans le monde des vélos électriques, il y a deux écoles: une assistance du moteur manuelle avec boutons de commande (+ ou -), ou une assistance automatique. Comme Cowboy, iWeech fait le choix de l'automatisation quasi-totale. Ça signifie que vous ne pouvez pas jauger l'aide du moteur, elle se règle en fonction de la pression que vous mettez sur les pédales, de l'angle d'inclinaison du vélo (il sait quand ça grimpe) et de l'autonomie (un algorithme ajuste l'assistance en fonction de la destination encodée, et même de l'analyse de vos déplacements les plus fréquents).  

Sur le papier, ça parait risqué. Dans la pratique, même si je n'ai pas roulé assez avec pour voir l'intelligence de l'algorithme, ça marche. Le calibrage de l'assistance automatique est très bon: on n'a jamais trop facile, et jamais trop dur. Et surtout, il ne faut pas s'en soucier, car il n'y a ni écran ni manette de réglage. De plus, l'assistance est souple, sans à-coups. Cette simplicité a un avantage: on se concentre sur la route, et en ville c'est essentiel. 

Pour les aspects techniques, sachez qu'il y a un moteur de grande qualité (Brose T) d'une puissance de 250W et d'une poussée de 90NM, garantissant des démarrages rapides, même en côteLa solide courroie est en carbone et il y a de très bons freins à disque hydrauliques. Comptez aussi sur des phares LED à l'avant et l'arrière qui s'allument automatiquement.  


Quelle autonomie ? 

L'autonomie théorique est de 90 km avec assistance standard, mais elle dépend de beaucoup de facteurs. Lors de mes sorties, j'ai constaté qu'après environ 30 kilomètres un peu accidentés autour de chez moi, l'application indiquait qu'il restait 50% de batterie.  

IWeech prétend qu'avec une assistance très faible (via le mode iRide où vous entrez une destination via l'application), il est possible d'atteindre 190 km – mais ce sera alors assez sportif... 

De toute façon, pour un usage urbain et régulier, il est nécessaire de le charger dès que possible: soit tous les soirs chez vous, soit au boulot si vous prenez la peine de retirer la batterie et prendre l'encombrant chargeur avec vous (photo ci-dessous).

Sachez également que la batterie principale se décharge toute seule en une grosse semaine (j'ai pu le constater...), car elle recharge constamment une plus petite batterie chargée d'alimenter l'électronique embarquée. Veillez donc à charger constamment le vélo (comptez 3h30 pour passer de 0 à 100%). 

Une application à améliorer 

Cowboy me l'avait dit: le développement de l'aspect logiciel (application, services) est une partie importante de leur travail. IWeech, plus jeune sur le marché, s'est concentré sur l'aspect vélo pour commencer, et il l'a très bien fait. L'application iWeech est nécessaire au démarrage pour "déclarer" le vélo. Ensuite, elle est facultative, car la fameuse 'intelligence artificielle' intégrée au vélo anticipe vos déplacements et donc vos besoins en autonomie, tandis que le verrouillage antivol peut se faire à l'aide un badge NFC fourni avec les clés de la batterie.

L'intérêt de l'application est donc limité avec iWeech: elle s'avère utile pour avoir un ordinateur de bord (il faudra vous procurer un support pour smartphone) avec, entre autres, la vitesse et l'autonomie. Également, si vous l'utilisez pour indiquer votre destination, la gestion de l'assistance passe en mode iRide, donc le moteur va vous aider à atteindre votre destination avec l'autonomie restante, pour ne pas tomber en panne.  

Vu l'usage restreint de l'application, celle-ci n'est pas très développée, ni intuitive, ni agréable à utiliser :


Conclusion 

J'ai apprécié mon test du iWeech. C'est avant tout un bon vélo électrique pour la ville, très compact, qui se concentre sur l'essentiel: donner la juste assistance électrique pour se déplacer sans transpirer (aller au travail, faire une course, aller à un rendez-vous). L'assistance adaptative, automatique et intelligente est une réussite: il ne faut rien faire à part enfourcher le vélo après avoir bien chargé la batterie ! Est-il le plus intelligent ? Oui, dans le sens où c'est le seul à analyser lui-même les trajets réguliers de l'utilisateur afin de lui fournir l'assistance optimale chaque jour. Est-ce indispensable ? Non, les autres marques permettant souvent 70 km d'autonomie, ça doit suffire dans la plupart des villes pour la plupart des utilisateurs. 

L'aspect logiciel est nettement moins développé que chez la concurrence 'vélo moderne urbain de start-up', mais tous les utilisateurs ne sont pas pendus à une application quand il s'agit de se déplacer en vélo.  

Le prix du iWeech (2.950 euros) semble élevé, mais le vélo est équipé de bons composants, dont un moteur allemand puissant, un guidon pliable pour limiter l'encombrement, un cadre en aluminium renforcé, etc. Le dernier Cowboy 4 coûte environ 500 euros de moins, et est un sacré concurrent (belge, en plus) au niveau logiciel et design, qu'il sera difficile de détrôner.  


 
 
 
 


 

 




 

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