5 à 8% des parents passeront par un "burnout parental": sans aide, on n'en guérit pas

5 à 8% des parents passeront par un

En Belgique, les chiffres les plus prudents suggèrent que 5 à 8% des parents seraient actuellement en situation de burnout parental, soit au minimum 100.000 mères et 50.000 pères. La Mutualité chrétienne et l'UCLouvain ont collaboré à la réalisation d'une première étude mondiale sur la prise en charge de ce syndrome. Les résultats sont encourageants.

"C'est la saturation, je me dis: elles vont se chamailler et elles vont crier 500.000 fois 'maman, maman, j'ai faim, maman j'ai soif, maman je dois aller aux toilettes'. Ce mot 'maman', je ne le supporte plus, il est devenu une torture"... les témoignages en ce sens se multiplient et illustrent le burnout qui touche tous les parents exposés à un stress chronique.

Désireux de s'attaquer au phénomène et de faire avancer la recherche, l'UCLouvain et la Mutualité chrétienne ont organisé des groupes d'accompagnement avec au total 150 parents en burnout, entre février et juin 2018.

Les résultats de l'étude sont "éloquents". Ils montrent qu'en l'absence d'intervention, aucun des symptômes ne se réduit spontanément avec le temps. A l'inverse, les effets positifs des protocoles de prise en charge ont été constatés immédiatement après la fin des huit séances mises en place et tendent à augmenter au fil du temps, pour les deux types d'intervention expérimentés, d'après la MC et l'UCLouvain.

Le burnout parental présente plusieurs facettes tel que l'épuisement, la distanciation affective avec les enfants, la perte d'efficacité et d'épanouissement dans son rôle de parent. Ce syndrome peut avoir des conséquences graves sur le parent lui-même (problèmes de santé, addictions, intentions suicidaires...), sur le couple (irritabilité, conflits...) et sur la relation parent-enfant (multiplication par 13 de risques de négliger ses enfants et par 20 de les violenter). Généralement, le parent qui en est victime ressent une forte culpabilité.

Vos commentaires