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56% des médecins en formation pensent avoir été un danger pour leurs patients: cette future pédiatre décrit leurs cadences infernales (vidéo)

56% des médecins en formation pensent avoir été un danger pour leurs patients: cette future pédiatre décrit leurs cadences infernales

56% des médecins en formation affirment qu'ils ont déjà été un danger pour leurs patients. En cause: des horaires à rallonge une charge de travail excessive et le manque de sommeil.

Devenir médecin spécialiste est la plupart du temps une réelle vocation pour les candidats. Mais la passion ne suffit pas à supporter les horaires difficiles. Pour ces jeunes praticiens en formation, il est parfois impossible de gérer les heures de travail qui s’accumulent. 60 heures par semaine, parfois 72, voire plus. Selon les candidats, ces horaires mènent à l’épuisement. "Plusieurs fois, je me suis sentie vidée. Impossible de bouger", témoigne Virginie Deseck, candidate-spécialiste en pédiatrie. Pour prendre du recul sur la situation, cette jeune femme a décidé de partir six mois en stage hors de la Belgique. "J'avais des heures et des heures de sommeil à rattraper, on peut parler en semaines, même. Je me suis sentie très déprimée par moments".

Les médecins fatigués risquent de faire "de mauvaises prises en charge"

Les médecins en formation citent des horaires épuisants comme des gardes de 24 heures sans pouvoir réellement se reposer. Un manque de sommeil qui peut avoir des conséquences sur les soins prodigués. "On est tellement fatigués, on a tellement envie d'aller dormir que soit on fait attendre le patient, soit, je pense sincèrement, on fait de mauvaises prises en charge", considère virginie Deseck.


Une annexe au contrat de travail permet de travailler jusqu'à 72h par semaine

Le nœud du problème, c’est une annexe au contrat de travail des assistants médecins: l'opting-out. Dans un contrat de base, un assistant travaille 48 heures en moyenne par semaine avec des pics à 60 heures. Mais si l’opting-out est signé, les assistants acceptent de prester 60 heures avec des pics pouvant atteindre 72 heures.

Pas d’obligation d’accepter cette clause, en théorie seulement. "Il y a une pression qui est très officielle, qui dit que si on ne la signe pas, on met les autres collègues en difficulté puisque eux vont la signer et nous pas, donc ils vont devoir faire des heures supplémentaires que nous, on ne fait pas, relate encore la candidate-spécialiste en pédiatrie. Et puis, il y a la pression plus insidieuse, c'est-à-dire lorsque les collègues eux-mêmes nous en veulent de ne pas la signer".


Le doyen de la faculté de médecine de l'UCL nuance fortement

Du côté des universités, responsables des médecins en stage, on nuance. "Ils sont majeurs et leur demander de signer la main forcée l'opting-out je pense que c'est un peu…, répond Dominique Vanpee, doyen de la faculté de médecine à l'Université Catholique de Louvain, sans terminer sa phrase. Comment dire...? Ils sont libres de signer cette clause et libres de ne pas la signer".

Le malaise semble présent pour les universités, même si l’UCLouvain n’est pas passive sur le sujet. Elle a par exemple créé une commission pour gérer les conflits entre étudiants et maitres de stage.

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