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La maman d'Antonio, mort d'un pneumocoque, dénonce une erreur médicale: "Je n'ai pas su lui dire au revoir…"

 
 

La famille d'Antonio, comme de nombreuses autres victimes, mène un dur combat pour que l'erreur médicale soit reconnue. En 2014, quelque 1.580 victimes ont été indemnisées.

Ce matin sur Bel RTL, Ophélie, la maman d'Antonio expliquait à David Scoubeau le drame qu'elle a vécu il y a 11 mois. Son fils de 14 ans, Antonio, a eu un problème de plaquettes étant plus jeune mais il vivait désormais normalement jusqu'au jour où elle doit l'emmener d'urgence à l'hôpital. Pour elle, on n'a pas tenu compte des antécédents de son fils. "Ses défenses immunitaires étaient un peu plus faibles donc il fallait un antibiotique. Ils n'ont pas voulu du tout, ils m'ont affirmé que c'était la grippe, qu'il ne fallait pas d'antibiotiques. Mais non, ce n'était pas ça, c'était un pneumocoque", explique-t-elle.  

Malgré son insistance, l'adolescent l'a convaincue de rentrer: "C'est que je n'ai rien", lui a dit son petit garçon. Au retour il s'est endormi dans le fauteuil et ne s'est plus jamais réveillé. "Je n'ai pas su lui dire au revoir", dit-elle aujourd'hui, moins d'un an après le drame.

Ophélie a décidé d'aller en justice: "Pour moi c'est un homicide involontaire et non-assistance à personne en danger", clame-t-elle alors que la famille essaye tant bien que mal de se reconstruire. "Il faudra beaucoup de temps et je pense qu'à travers mes enfants, je le revois", dit-elle, encore submergée de tristesse.

"Un dommage collatéral"

Des cas d'erreurs médicales comme celui-ci ne sont malheureusement pas rares. Pour les personnes qui en sont victimes, le prouver est est un parcours du combattant…

"On entend, dans 99% des cas, cette fameuse phrase: 'le pot de terre contre le pot de fer'. Il est vrai que les gens ne se battent pas avec les même armes puisqu'on sait que les prestataires de soin sont bien entendu tous assurés, bien heureusement, mais les patients ne sont pas tous assurés malheureusement", déplore Rachida Essannarhi de l'ASBL Erreurs Médicales.

Si certains n'ont pas le courage d'entamer une procédure, ceux qui le font doivent démontrer la faute, et il n'est pas toujours facile de réunir tous les éléments. En attendant, ils se sentent abandonnés. "On est un dommage collatéral. Une fois qu'il y a eu une erreur, il faut fermer les yeux et on n'existe plus", explique Caroline, victime d'erreur médicale et en procès depuis plusieurs années.

Le secret médical

Reconnaître une erreur médicale est toujours très difficile, car les médecins invoquent souvent le secret médical, alors que l'article 9 de "la loi du patient" de 2002 oblige les médecins à donner les dossiers. Il est souvent difficile d'apporter la preuve qu'une faute a bien été commise. Surtout qu'il y a aussi le problème du consentement libre et éclairé: le médecin explique les risques liés à la (non)-intervention et se replie ensuite derrière cet élément.  

Il y a donc énormément de dossiers en attente. Quatre solutions s'offrent à ces victimes : un arrangement à l'amiable avec l'hôpital ou le praticien via les assurances, une procédure au civil pour laquelle il faut apporter la preuve de l'erreur, une procédure au pénal, impliquant une plainte (souvent une accusation d'homicide involontaire ou de non-assistance à personne en danger), et enfin une plaine au fonds des accidents médicaux, mais les conditions de remboursements sont très restrictives, et là aussi, les procédures sont très longues.

En 2014, 1580 victimes ont été indemnisées. On leur a versé 32 millions d'euros de dédommagements, soit un peu plus de 20.000 euros chacune, en moyenne.


 

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