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Cette découverte des chercheurs de l'UCL pourrait permettre de mieux comprendre la formation des thromboses

En Belgique, une avancée médicale pourrait, à terme, permettre de mieux comprendre la formation des thromboses, à l’origine des infarctus et des AVC. Des chercheurs de l’UCL , en collaboration avec les cliniques universitaires Saint-Luc, ont réussi à identifier un enzyme qui serait à l’origine de la formation de caillots de sang dans nos artères.

Il aura fallu cinq ans de travail pour aboutir à cette découverte. Elle est importante car on estime que 10.000 à 15.000 personnes souffrent de thromboses artérielles chaque année en Belgique.

Mais de quoi s’agit-il? "Ce sont simplement des dépôts de lipides dans ces artères qui de temps en temps peuvent être fragilisées et se blesser. Il se développe alors dans les artères une thrombose, un caillot, qui peut obstruer l’artère et limiter l’apport de sang au niveau des organes dépendants des artères", explique Christophe Beauloye, le chef du service de cardiologie des cliniques universitaires Saint-Luc.

Les risques sont importants, on parle d’AVC dans la région du cerveau et d’infarctus s’il bouche une artère qui alimente le cœur.

Tout le "jeu" était de comprendre la formation de ces caillots et leurs métabolismes. On savait que les plaquettes sanguines jouaient un rôle. L’étude publiée en juillet dans la revue scientifique Blood met aujourd’hui en lumière l’interaction entre les lipides et un enzyme bien spécifique: l’ACC.

"Nous avons remarqué que cette protéine était impliquée dans la production des lipides, donc les réserves graisseuses de la plaquette. Nous avons pu montrer que si on modulait cette protéine, on allait affecter les fonctions des plaquettes, qui vont être hyper réactives en formant plus facilement des caillots", précise Sophie Lepropre, doctorante à l’Institut de recherche expérimentale et clinique de l’UCL.

Les résultats de l’étude ouvrent de nouvelles perspectives

Chez les patients, les plus à risque, on a constaté que la protéine et les lipides étaient modifiés et que la plaquette était plus active. Les résultats de l’étude ouvrent désormais de nouvelles perspectives.

"L’idée est d’aller voir, si on peut cibler cet enzyme et essayer de diminuer l’activité des plaquettes et donc la thrombose. Et puis le deuxième aspect est plutôt diagnostic en allant voir chez les patients à risque, si cet enzyme est modifié", ajoute Sandrine Horman, professeure à l’Institut de recherche expérimentale et clinique de l’UCL.

Il faudra aussi voir si cet enzyme libère des marqueurs dans le sang, ce qui permettrait un meilleur dépistage à l’avenir. Ce sera peut-être la prochaine étape. En attendant, ce travail d’équipe entre chercheurs et cliniciens a déjà permis de gagner beaucoup de temps.

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