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Comment reconnaître un AVC? Que faire quand on en est victime? Un neurologue nous éclaire

Comment reconnaître un AVC? Que faire quand on en est victime? Un neurologue nous éclaire
 
 

Seriez-vous capable de détecter chez un proche les signes d'un accident vasculaire cérébral (AVC)? À l'occasion de la journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux, Dr Leempoel, neurologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc, nous éclaire sur la plateau RTL INFO 13h. 

Qu'est-ce qu'un accident vasculaire cérébral?

Il y a deux grands types principaux d'AVC.

- Un AVC ischémique: c'est un caillot, une thrombose qui va venir occlure une artère dans le cerveau et crée des symptômes parce qu' il y a un manque d'apport d' oxygène de sang vers une zone du cerveau.

- Soit la rupture d'un vaisseau, une hémorragie, un saignement qui va créé les mêmes types de symptômes.

On ne sait pas distinguer sur base de symptômes le type d'AVC mais il faudra faire une imagerie cérébrale pour pouvoir dire si c'est soit un saignement soit plutôt une occlusion d'une artère. Les traitements sont alors tout à fait opposés.

Comment va reconnaître un AVC?

Le critère principal est un déficit neurologique, soit une perte d'une fonction neurologique d'apparition brutale. Pour reconnaître un AVC chez quelqu'un, il existe une méthode regroupée sous de FAST pour s'en souvenir facilement.

F (pour face=visage): On peut demander à la personne de sourire et voir s'il y a une asymétrie sur le visage. Certaines parties du visage peuvent se retrouver bloquées, comme paralysées. L'asymétrie peut être dans le sourire.

A (pour arms=bras): On peut également avoir la paralysie d'un membre. Il faut demander à la personne de tendre ses bras pour vérifier. 

S (pour speech=parole) : Il faut demander à la victime de parler. Elle doit être en mesure de s'exprimer comme elle a l'habitude de faire. Les personnes victimes d'un AVC perdent parfois leurs mots, l'articulation peut aussi être mauvaise.

T( pour time=temps): Le temps est crucial. En moyenne, on perd deux millions de neurones lors d'un AVC chaque minute. 

Que faire si on est témoin d'un AVC? 

Première chose à faire: appeler le 112. Un médecin va être dépêcher sur place et va pouvoir prévenir l'hôpital de l'arrivée d'un patient. 

Quel est le traitement? 

Si c'est un AVC ischémique, on fait une imagerie. On peut donner une thrombolyse, un médicament qui fluidifie brutalement le sang pour essayer de dissoudre le caillot qui a bouché l'artère. Si le caillot est suffisamment gros, on peut parfois, via les artères, aller rechercher le caillot et essayer de l'extraire pour libérer la circulation et permettre au cerveau d'être alimenté.

Y-a-t-il des séquelles? 

Tout va dépendre de l' importance de la lésion et du territoire qui est touché. Plus on arrive à traiter vite le patient, plus on a de chances qu'il y ait moins de séquelles. Cela va également dépendre de la localisation de l'AVC. Si on touche certaines zones du cerveau, on va plus plutôt avoir des pertes de la parole. Pour d'autres, ce sera plutôt une perte de force.

Qu'est-ce que cette forme d'AVC plus légère appelée AIT?

L'AIT est AVC ischémique, donc une thrombose. Face à un AIT, le corps se défend bien et va dissoudre lui-même le caillot. Les symptômes vont durer quelques minutes, maximum 24h en général. Il ne faut pas prendre ça comme quelque chose de banal. Même un AIT nécessite une prise en charge en salle d'urgence qui va permettre de faire des examens et mettre en place un traitement préventif. 

Quelles sont les causes les plus courantes des AVC?

- Les grosses artères peuvent s'encrasser avec le temps. Ce phénomène peut être favorisé par l'hypercholestérolémie, de l'hypertension.

- Des troubles du rythme cardiaque créent des turbulent et entraînent la formation d'un caillot qui peut partir vers le cerveau

- Des petites artères du cerveau ont tendance à s'abîmer, soit avec l'âge, soit à cause de l'hypertension artérielle si elle ne pas bien contrôlée

Le stress favorise-t-il les AVC? 

Le stress favorise les facteurs de risque comme l'hypertension et l'hypercholestérolémie. Cela peut amener des circonstances qui vont favoriser un AVC mais ce n'est pas une cause d'un AVC.




 

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