Crise et stigmatisation: ce professeur explique l’épilepsie

Crise et stigmatisation: ce professeur explique l’épilepsie

Ce lundi, ce sera la journée mondiale contre l’épilepsie. À cette occasion, la Ligue Francophone Belge contre la maladie organisait, ce samedi matin, une conférence sur le sujet. Elle lance aussi une campagne qui vise à lutter contre la stigmatisation dont sont, encore trop souvent victimes les épileptiques. Le vice-président de la Ligue, le professeur Michel Ossemann, est venu parler de cette maladie dans le RTL INFO 13H.


Luc Gilson: parlons d'abord "chiffres" cela concerne 1 individu sur 150, soit 75.000 personnes en Belgique ?

Michel Ossemann: "C’est exact et c’est énorme. Cela fait partie des maladies neurologiques les plus fréquentes. Maintenant, toutes les personnes qui sont atteintes n’ont pas forcément des problèmes majeurs. 60 à 70% sont bien contrôlées par leur traitement. Il en reste 30 à 40% pour lesquels les traitements sont difficiles et qui continuent à faire des crises. Et en dehors de la maladie, il y a encore beaucoup de préjugés et une stigmatisation qui fait que ces gens sont exclus."


L.G. : c’est une maladie "impressionnante" quand on voit des malades en "crise". C’est pour cette raison qu’on a quelque part "un peu peur" des épileptiques ?

M.O.: "Oui mais ce n’est qu’un type de crise. Ce sont des crises généralisées qui font peur quand on ne les a jamais vues. Mais les crises épileptiques peuvent avoir des formes très différentes. Cela peut être une petite rupture de contact ou un comportement automatique. Ce n’est pas forcément une grosse crise qui survient."


L.G. : la maladie est assez peu connue. En quelques mots, en quoi consiste-t-elle ?

M.O.:"C’est une maladie du fonctionnement du cerveau. Ce sont les cellules nerveuses qui ont une hyperactivité anormale à un moment donné et qui vont produire des symptômes qui vont être très variables en fonction de la zone du cerveau qui est touché par la crise épileptique."


L.G. : vous voulez lutter contre la stigmatisation et favoriser l’intégration des malades. Il y a une vraie discrimination aujourd'hui les concernant. Pourquoi ? A l'école ? Au travail ?

M.O.: "L’histoire est pleine de préjugé. C’est une maladie qui n’était pas reconnu en tant que telle à une époque. On pensait que c’était dû à des mauvais esprits. Puis la maladie a été très psychiatrisée et on l’a assimilée à de la folie. Ces tabous ont persisté."

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