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Découverte à l'ULB dans le traitement du cancer du sein: "On peut prédire si la patiente répondra à la chimiothérapie"

Un tiers des patients ne répond pas au traitement par chimiothérapie. Les chercheurs de l'ULB ont trouvé un moyen de voir, dès le diagnostic, si cette chimiothérapie sera vraiment efficace. Un reportage de Céline Gransard et Gilles Gengler pour RTLinfo 13h.

Des chercheurs du Centre de Recherche de l'ULB sur le Cancer, menés par les Pr François Fuks et Christos Sotiriou, ont découvert un moyen d'améliorer le diagnostic du cancer du sein et prédire si la patiente répondra à la chimiothérapie, indique l'université mardi dans un communiqué, faisant suite à un article paru dans La Libre Belgique.


"Toutes les patientes ne vont pas répondre de manière optimale"

L'agressivité et l'efficacité d'un même traitement peuvent varier considérablement d'un patient à l'autre. Ceci est dû aux différences individuelles dans le profil moléculaire des tumeurs. Ces différences peuvent être analysées et utilisées pour prédire si un patient répondra mieux à une thérapie donnée et aider les médecins à choisir le meilleur traitement pour leur patient, souligne l'ULB.

"En première ligne on va utiliser de la chimiothérapie et on sait qu'il y a des effets secondaires importants. Toutes les patientes ne vont pas répondre de manière optimale à ce type de traitement. Donc on se doit d'identifier et de pouvoir prédire quelles sont les patientes qui vont répondre au mieux à un traitement de chimiothérapie", a expliqué François Fuks au micro de Céline Gransard.


La "méthylation" de l'ADN

Ces différences dans le profil moléculaire des tumeurs comprennent, entre autres, des changements dans les modifications épigénétiques, parmi lesquelles la "méthylation" de l'ADN. "Ces modifications chimiques peuvent être comparées à des changements de syntaxe (ordre des mots, ponctuation, etc.) dans un texte qui représenterait notre ADN", explique le directeur du laboratoire d'épigénétique du cancer à l'ULB, François Fuks. Dans la plupart des cancers, "la syntaxe se trouve altérée", poursuit-il.


"Une sorte de scanner"

Dans le cas du cancer du sein, les chercheurs ont découvert une signature basée sur des changements de méthylation de l'ADN, qui améliore le diagnostic en quantifiant les cellules immunitaires dans les tumeurs. En d'autres termes, "nous avons découvert une sorte de scanner qui permet d'identifier les différents gènes dont la syntaxe est altérée", ajoute François Fuks. Cette signature prédit aussi, au moment du diagnostic du cancer du sein, si la patiente répondra à la chimiothérapie, traitement actuellement le plus souvent administré. Elle peut également améliorer le diagnostic d'autres pathologies, comme le mélanome et le cancer du poumon.

Les résultats de la recherche ont été brevetés. Un test visant à prédire l'efficacité de la chimiothérapie pour le cancer du sein sera bientôt développé par la société liégeoise Diagenode. Ce projet est soutenu par le pôle de compétitivité santé de Wallonie, BioWin, à hauteur de 3,7 millions d'euros.

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