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Des milliers de Belges frappés chaque année par une crise cardiaque: cet expert dresse un constat interpellant

C'est la semaine du rythme cardiaque avec un chiffre qui reste interpellant: 28 personnes meurent chaque jour des suites d'un arrêt cardiaque en Belgique. Pour parler de cette problématique, Ivan Blankoff, le cardiologue et président ligue belge du Rythme cardiaque, était l'invité du RTL INFO 13H. Il a répondu aux questions de notre journaliste Alix Battard.


Alix Battard: 11.000 belges sont frappés chaque année par une crise cardiaque. Ça peut toucher tout le monde ? Quels sont les signes qui doivent nous alerter ?

Ivan Blankoff: "Il y a malheureusement assez peu de signes avant-coureurs. On peut avoir des douleurs dans la poitrine quand on fait un effort, des pertes de connaissance ou avoir l’impression que le cœur s’emballe. Mais dans la plupart des cas, il n’y a pas de signe. Ce qui fait que ce taux de 30 arrêts cardiaques par jour se modifie très peu dans le temps. Ce n’est malheureusement pas au niveau de la prévention qu’on peut agir."

A.B.: Quelle tranche de la population est-elle la plus touchée ?

I.B.: "Plutôt des personnes âgées, mais comme vous avez pu le voir dans l’actualité, cela peut arriver à des gens jeunes dans la pratique du sport."

A.B.: Sur ces personnes touchées, seuls 5 à 10 % survivent. Comment cela se fait ? On n’est pas assez formé à la réanimation cardiaque ? 

I.B.: "C’est exactement ça. Le taux de survie est de 8%. C’est beaucoup moins bien que dans beaucoup de pays qui nous entourent. Aux Pays-Bas, en Allemagne ou dans les pays scandinaves, on dépasse les 20% de chance de survie. La Belgique est clairement le mauvais élève en Europe, parce que les gens ne sont pas formés pour intervenir. Dans 30% des cas seulement, les témoins interviennent en Belgique alors que le taux d’intervention dans les autres pays est de 80%."

A.B.: Cela changerait vraiment quelque chose si plus de Belges étaient formés ? 

I.B.: "Oui, si les gens interviennent dans les 2-3 premières minutes, on peut dépasser les 20% et doubler le taux de survie. On peut sauver 1.000 vies en Belgique, si on forme la population et les étudiants du secondaire notamment, pour réagir de manière adéquate."

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