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L'aide-soignant pourra prodiguer davantage de soins aux patients: les infirmiers "très dubitatifs"

Les aides-soignants pourront bientôt poser des actes supplémentaires au bénéfice du patient, comme administrer des gouttes oculaires ou mesurer le taux de glycémie ou la tension, a indiqué samedi par communiqué la ministre de la Santé publique, Maggie De Block (Open Vld). Afin de pouvoir poser ces nouveaux actes, les aides-soignants devront suivre une formation de 150 heures.

Au total, pas moins de 127.513 aides-soignants sont actifs en Belgique. Ils travaillent au domicile des patients, en maisons de repos, dans les hôpitaux et autres institutions de soins. A l'heure actuelle, ils peuvent assurer 18 tâches après délégation par un infirmier. Il s'agit par exemple d'assurer les soins d'hygiène aux patients, de prendre le pouls et la température corporelle ainsi que de prendre des mesures préventives contre les infections ou les escarres.

Ces praticiens étaient toutefois demandeurs depuis longtemps d'un élargissement de leurs tâches. C'est désormais chose faite: les aides-soignants pourront bientôt effectuer cinq actes supplémentaires.


"Plus de responsabilités"

"Les aides-soignants se voient confier plus de responsabilités, ce qui laissera plus de temps aux infirmiers pour pouvoir mettre leurs connaissances et compétences plus spécialisées au service du patient. Nous pouvons ainsi répartir le personnel soignant là où il est le plus nécessaire", souligne la ministre. Pour pouvoir poser ces nouveaux actes, les aides-soignants devront suivre 150 heures de formation, dont certaines dans le cadre d'un stage pratique. Il revient maintenant aux entités fédérées d'adapter la formation de base de l'aide-soignant, à partir du 1er septembre 2019, pour que l'ensemble des aides-soignants qui seront diplômés disposent à l'avenir des compétences appropriées. Les aides-soignants qui travaillent déjà devront suivre une formation complémentaire.

L'arrêté royal, qui élargit les tâches de l'aide-soignant, sera publié le 18 mars 2019 au Moniteur belge.


"Nous sommes très dubitatifs"

Le problème, c'est la limite, comme donner des médicaments par exemple. "Nous sommes très dubitatifs comparé à la formation actuelle des aides-soignants puisque c'est du professionnel. On pense que la formation n'est pas assez adéquate et poussée par exemple pour des sous-cutanées et la distribution des médicaments", estime Delphine Haulotte, la présidente de l'association belge des praticiens de l'art infirmier.

Aujourd'hui, les infirmières doivent réussir quatre années d'études supérieures alors que les aides-soignantes sortent d'une septième année professionnelle. Mais puisqu'elles sont payées 20 à 30% de moins et qu'il y a une pénurie d'infirmières, l'idée est de transférer certaines tâches qui resteront toujours sous contrôle des infirmières. 

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