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Le baby blues des mamans lors des 2 premières semaines: "Les pleurs viennent sans explication"

Une récente enquête de la Mutualité Libérale (ML) menée auprès de 1 334 femmes belges ayant un enfant de moins d’un an montre que 75 % de ces mamans ont souffert du baby blues durant les deux premières semaines qui ont suivi l’accouchement.

Le baby blues d'une jeune maman se caractérise par une période d’irritabilité, de crises de larmes spontanées, de nervosité ou d’anxiété peu de temps après l’accouchement, en réaction aux changements hormonaux et familiaux qu’entraîne la venue au monde d’un bébé. Dans la plupart des cas, ce phénomène est passager.
 
Près de la moitié des femmes interrogées dans le cadre de l'enquête de la Mutualité Libérale ont indiqué être régulièrement sujettes à des crises de larmes spontanées ou d’irritabilité étaient devenues mamans pour la première fois. Pour un deuxième enfant, ce pourcentage se réduit de moitié (23 %) et il ne s’élève plus qu’à 6 % lorsqu’il s’agit d’un troisième enfant. Un facteur important du baby blues s’est révélé être l’échec de l’allaitement. 90 % des mères interrogées donnaient le sein et pour près de la moitié (43 %), l’allaitement ne se déroulait pas bien. Dans un peu plus de 6 cas sur 10, ces mamans ont affirmé avoir subi les symptômes du baby blues, tandis que seulement un tiers (38 %) des mamans constituant les 57 % restants, chez qui l’allaitement fonctionnait bien, en ont souffert.
 
Par ailleurs, près de 15 % des jeunes mamans manifesteraient un manque d’assurance dans leur rôle de mère pour le premier enfant et 70 % d’entre elles ont indiqué avoir des difficultés à s’adapter à leur nouvelle situation familiale. Ce taux descend fortement pour un deuxième et troisième enfant. Les mamans isolées endossent plus facilement leur rôle de mère, mais se préoccupent davantage de savoir si elles pourront apporter à leur enfant tout ce dont il a besoin, ainsi que des aspects pratiques.

Aurélie a 35 ans. Elle est devenue maman pour la troisième fois il y a deux mois. Le bébé dort dans ses bras quand nous venons au devant d'elle. Elle se rappelle le bouleversement subi lors de l'arrivée de sa première fille 14 ans plus tôt: "On ne comprend pas trop ce qui se passe, on n'est pas très aiguillé pour s'occuper du bébé et trouvé ses marques. Dès que le bébé fait un bruit, qu'il bouge un orteil, on est réveillé. On reste à l'affût dans son lit. Je me rappelle n'avoir pas dormi du tout pendant une semaine. Et il y a les pleurs qui viennent sans explication."

Ce sont les changements hormonaux qui constituent la principale cause du baby blues. À ceux-ci s'ajoute la prise de conscience de l'arrivée du bébé qui transforme la vie familiale. L'écoute et le soutien du papa représente le remède le plus efficace, déclarait récemment une grande majorité de mères dans une enquête. "Il faut faire du mieux qu'on peut et remplacer la maman quand elle a des difficultés, simplement", énonce le compagnon d'Aurélie en train de changer la couche du nourrisson.

"C'est normal, la mère ne doit pas avoir peur, cet état passera", rassure l'infirmière d'une maternité qui dit régulièrement assister à des effondrements en larmes de maman lors des tout premiers jours à l'hôpital une fois les visites terminées. Si l'état dure plus de deux semaines après la naissance, une prise en charge particulière est conseillée.

Les femmes interrogées ont affirmé être satisfaites, de manière générale, de l’accompagnement professionnel dans les soins à leur enfant. Toutefois, le besoin de soutien émotionnel ou d’aide psychologique reste encore trop souvent sous-estimé. "Ce sont souvent les faits exceptionnels et exagérés de dépression post-partum qu’on nous raconte le plus en opposition aux histoires à l’eau de rose. Le fait est que de nombreuses mères se situent entre ces deux extrêmes et qu’on n’accorde dès lors pas toujours assez d’attention aux problèmes mentaux chez les toutes jeunes mamans", explique une psychologue de Psy-Go!, service lié à la ML et spécialisé dans l’accompagnement des jeunes parents.

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