Les aides-ménagères très souvent absentes pour maladies: "Je suis tombée sur des clients un peu spéciaux"

Les aides-ménagères très souvent absentes pour maladies:

Selon des chiffres d'IDEA Consult, en 2018, 16% des aide-ménagères ont été absentes du travail entre 1 et 6 mois sur l'ensemble de l'année.

Pour Nathalie Garcia, la présidente d'Unitis (la fédération des entreprises de titres-services) et elle-même directrice d'une société de titres-services qui emploie 1150 travailleurs, ce chiffre correspond à la réalité. "On a au niveau du secteur plus de 10% d'absences long terme (plus d'un an d'absence) liées principalement à des troubles musculo-squelettiques, et on a de façon très régulières dans nos entreprises un taux d'absence de 2 semaines, 3 semaines, un mois, 2 mois, entre 5 et 15%, qui lui est plutôt lié à de l'absence réparatrice de courte durée."

Elle constate que les attentes des clients ont augmenté en parallèle avec la professionnalisation du secteur des titres-services, qui compte aujourd'hui environ 1 million d'utilisateurs pour 15 ans d'existence. "Les clients sont de plus en plus exigeants avec l'aide-ménagère et la qualité du travail demandé. Et il est vrai qu'on voit que de semaine en semaine, la liste (des tâches) a tendant à s'allonger. Donc on a des aide-ménagères très consciencieuses et de bonne volonté qui vont se dire "je vais le faire". Elles donnent le meilleur d'elles-mêmes pour rentrer dans le volume temps déjà imparti et puis le client se dit "tiens elle a pu me le faire, la semaine prochaine je vais rajouter ça". Et donc sans s'en rendre compte on rentre dans des travers où le client en met de plus en plus et l'aide-ménagère a de plus en plus difficile à faire la quantité de travail. Maintenant tous les client ne sont pas comme ça, il ne faut pas généraliser la chose, mais on remarque une certaine tendance à en demander de plus en plus à l'aide-ménagère."



2 opérations en 6 ans d'aide-ménagère après 20 ans sans problème de santé en blanchisserie

Un constat partagé par Marjorie Prelooker, qui est aide-ménagère depuis 6 ans après 20 ans passés en blanchisserie. On pourrait croire que sa première carrière pouvait être tout aussi usante, mais en réalité, "je n'avais aucun symptôme quand j'étais en blanchisserie", assure-t-elle. Mais depuis qu'elle est aide-ménagère, les blessures se sont multipliées : "J'ai commencé en 2013 et je me suis fait opérer en 2015 du canal carpien de la main droite et actuellement ça recommence au niveau de la main gauche. Au niveau de l'épaule malheureusement j'ai aussi eu une intervention au niveau de la coiffe des rotateurs pour un tendon déchiré."

Elle est désormais heureuse de pouvoir choisir ses clients, car certains exagèrent. "Je suis aussi tombée sur des clients un peu spéciaux et très autoritaires qui nous en demandaient plus que ce qu'on devait faire. Style monter trop haut c'est interdit. Bouger des gros meubles c'est interdit. Moi j'ai eu la chance de pouvoir faire la sélection de mes clients et maintenant je suis tout à fait satisfaite de mes clients. Ils me respectent. La plupart du temps ils deviennent même des amis et ça fait vraiment plaisir de travailler pour eux."



Les repasseuses souffrent aussi

Faire le ménage chez des clients n'est pas le seul aspect des titres-services qui peut occasionner des problèmes de santé, comme en témoigne Aldijana Hanific. Elle est repasseuse et responsable d'une agence de titres-services. "Au niveau des articulations des bras, des épaules, le dos, c'est souvent les soucis qu'on rencontre chez les repasseuses à long terme. À partir d'un certain âge ça devient compliqué chez certaines et c'est pour ça qu'elles s'orientent aussi vers un mi-temps médical qui soulage un petit peu la charge physique du travail."



Mais avant de devoir en arriver à ralentir la cadence via ce type de solution, d'autres existent. Nathalie Garcia conseille, en cas de surcharge de travail, d'en parler d'abord au client puis si cela ne peut se régler, d'en référer à son responsable qui servira de médiateur.

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