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Les services de soins intensifs complètement saturés en France: qu'en est-il chez nous?

 
 

Plus de 900 personnes sont en soins intensifs à travers le pays pour le Covid 19. C'est un cap symbolique même si les nouvelles contaminations progressent moins vite qu'il y a quelques semaines. Pour l'instant, les soins intensifs ne sont pas saturées en Belgique. En France par contre, plusieurs hôpitaux n'ont plus un lit de disponibles dans leur service. C'est le cas dans les établissements de Paris, Lyon ou encore Valenciennes, à la frontière belge.

Au sud de Paris, dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital privé d'Antony, aucun lit ne reste libre très longtemps. Comme partout en France, les opérations non-urgentes ont été déprogrammées pour faire de la place aux malades du Covid. Mais même avec ça, les 20 lits de réanimation sont tous occupés. 

"Effectivement, la tension est complète. Ça monte progressivement contrairement à mars de l'année dernière où on avait été submergés, là c'est un flot constant", explique Jean-Pierre Deyme, médecin réanimateur à l'hôpital privé d'Antony.

Dans les Hauts de France, les hôpitaux saturent avec 5.700 personnes en soins intensifs. Le nombre dépasse celui du pic de la deuxième vague en novembre dernier. Mais pour les infirmiers, pas de répit. Les gestes se répètent. Des manœuvres lourdes et complexes qui deviennent épuisantes. 

"On a quand même des patients qui restent très lourd, avec une prise en charge très technique et très longue, explique Céline Clerget, infirmière en réanimation. On est sur des hospitalisations de plus d'un mois pour certains patients donc c'est vrai que pour nous c'est éprouvant."

Va-t-on en arriver à devoir faire des choix parmi les patients ? 

Dans certains hôpitaux, la situation est telle que des directeurs préviennent : ils vont devoir faire un tri parmi les patients. Ce scénario fait penser à celui de l'Italie au tout début de la crise. 

"Les services de réanimation seront saturés au moins jusqu'à la mi-mai et on ne s'attend pas à un retour à la normale avant la mi-juin", prévient Vincent Piriou, chef du service de réanimation de l'hôpital Lyon Sud.

La Fédération hospitalière de France demande au gouvernement de prendre sans délai une mesure de confinement strict. 

Où en est-on en Belgique ? 

Pour Pierre-François Laterre, chef du service soins intensifs aux cliniques universitaires Saint-Luc, la situation en Belgique n'est pas comparable à celle qui est vécue chez nos voisins.

"La différence déjà primordiale entre la France et la Belgique, c'est le nombre de lits de soins intensifs par 100.000 habitants. Et donc, notre notre pays se situe par rapport aux voisins en troisième position derrière l'Allemagne, l'Autriche. Et donc actuellement, avec une occupation de 900 lits, on est à 900 sur les 2.000 lits existant avant la crise de l'année passée", a-t-il expliqué.

Une réserve de 15% de lits additionnels a également été prévue dans nos services de soins intensifs. 

"Il y a eu une augmentation progressive au cours des 4-5 dernières semaines mais cela n'a rien de comparable par rapport à la situation d'octobre-novembre", a rassuré Pierre-François Laterre.

Avec 900 lits, on n'atteint pas encore une occupation de 50% des lits existants avant la crise en Belgique. 

Le nombre de nouvelles contaminations progresse également moins vite que ces dernières semaines, est-ce rassurant pour les services de soins intensifs ? Là encore, le chef de service se montre rassurant : 

"On observe déjà une réduction progressive des hospitalisations, mais il y a toujours un décalage entre l'admission à l'hôpital et l'admission en soins intensifs. Il y a  un délai en général moyen de 3-4 à 7-8 jours. Comme on voit la courbe des hospitalisations atteindre un plateau, voire diminuer) au cours des 3 derniers jours, on doit s'attendre à ce que ça monte encore un peu en soins intensifs dans les jours qui viennent, et probablement d'ici une semaine, on aura atteint le maximum des hospitalisations en soins intensifs et ça commencera à décroître, mais plus lentement que dans les hospitalisations parce que les séjours sont plus longs que que que dans les unités normales"




 

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