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Sautes d'humeur, insomnies, bouffées de chaleur: la ménopause reste taboue et effraie beaucoup de femmes

La ménopause est une période importante de la vie des femmes et qui reste pourtant, assez tabou. Certains symptômes sont parfois difficiles à vivre. Sans compter les nombreuses idées reçues. Une récente enquête révèle que pour 20% des femmes, la ménopause signifie la fin de la vie sexuelle. Pour "libérer" la parole sur le sujet, de nombreuses initiatives sont mises en place.

Joëlle a 57 ans. "On doit se voir autrement. On doit aussi s'accepter", confie-t-elle. Aujourd'hui, elle parle de la ménopause sans tabou. Pourtant, cette étape n'a pas été toujours facile à traverser, notamment pour son couple. "Ce sont surtout les sautes d'humeur qui sont infernales, aussi bien pour la femme que pour le compagnon. Ça a été très tendu à cause de ça parce que vous êtes de mauvaise humeur, pas toujours disposée au fait qu'il vous approche", ajoute la quinquagénaire. 

Des sautes d'humeurs, des bouffées de chaleurs, des insomnies, des douleurs articulaires... Ce sont les symptômes les plus fréquents. Les femmes vivent en moyenne un tiers de leur vie en ménopause. Pourtant, le sujet reste sensible. 

Metteuse en scène, Caroline a décidé de créer une pièce de théâtre sur le sujet pour libérer la parole. "Parfois même entre amis, on n'en parle pas. Il y a l'idée d'une grande solitude par rapport à ça. C'est compliqué de le vivre seule", éclaire l'auteure de "Ménopausées". 

Selon une récente enquête, 2 femmes sur 3 estiment que la ménopause entraîne une perte de confiance, allant parfois à la dépression. 1 femme sur 5 pense que cela signifie la fin de sa vie sexuelle. "C'est effrayant puisque évidemment ce n'est pas le cas. On peut aider les femmes à avoir une vie sexuelle tout à fait épanouie après la ménopause. C'est important de le rappeler et de rassurer. Mais ce qui est encore plus interpellant, c'est qu'un médecin sur 10 pense la même chose", précise Serge Rozenberg, chef du département gynécologie au CHU Saint-Pierre. 


"Il ne faut pas rester dans son coin, il faut en parler"

7 médecins sur 10 reconnaissent avoir du mal à répondre aux questions des femmes sur le sujet. Il y a donc encore beaucoup de méconnaissance et d'idées reçues, notamment sur les traitements. De nombreuses femmes se méfient des médicaments hormonaux. Selon le professeur Rozenberg, ils restent pourtant la réponse la plus efficace contre les symptômes les plus sévères. 

"Les traitements actuels sont beaucoup moins dosés que ceux d'il y a 10,15 ans. On est à peu près à un quart, voir un huitième de doses d'oestrogènes de la dose que l'on préconisait à l'époque. Ça a l'avantage d'être plus sécurisé mais ça prend un peu plus de temps pour voir diminuer ou disparaître la totalité des symptômes", affirme le praticien. 

D'autres pistes sont à l'étude, notamment un médicament non hormonal développé par une société belge mais pas encore commercialisé. Dans le cas de Joëlle, un mode de vie plus sain et des compléments alimentaires ont suffi. Aujourd'hui, elle se dit heureuse. "Je veux donner un message plutôt positif. Il ne faut pas rester dans son coin, il faut surtout en parler", souffle-t-elle. Car la ménopause n'est pas une maladie, c'est une étape naturelle dans la vie de chaque femme. 

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