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Si on remettait du bon sens dans notre assiette: les conseils d'une nutritionniste pour une alimentation saine et durable

Si on remettait du bon sens dans notre assiette: les conseils d'une nutritionniste pour une alimentation saine et durable

Mais que s'est-il passé dans notre assiette ? Pourquoi les produits que l'on y retrouve sont excessivement transformés, que l'on retrouve du sucre dans quasi tout ce qu'on mange, et que l'on a oublié les saisons ? Dans le cadre des grandes conférences Parents-Thèses, Sandrine Corbiau recevait pour l’ouverture de celles-ci Véronique Taburiaux, nutritionniste venue présenter les clés pour profiter d'une cuisine saine, vivante et durable. Nous y étions.

Pour révéler l'ampleur de la discordance entre nos besoins vitaux et les aliments que l'on retrouve dans nos supermarchés, la nutritionniste s'est appuyée sur quelques chiffres. Parmi les plus marquants, retenons qu'un être humain, en Belgique, mangeait en moyenne 900 grammes de sucre par an au début du siècle précédent.

Aujourd'hui, on en est à 54 kilos, dont une bonne partie (60%) est "cachée" dans des produits dont on ne soupçonne pas la teneur en sucre. Les aliments industriellement préparés, avec une composition faite de multitude de produits parfois inconnus, et souvent incompréhensible, représentent 84% des rayons de supermarchés, au détriment d'un produit naturel, de base.

Autre chiffre interpellant: 89% des enfants ne peuvent pas identifier un ou plusieurs des trois légumes suivants: une patate douce, du fenouil, une courgette.

À l'époque cela coûtait très cher de se nourrir, surtout dès que l'on se permettait quelque-chose qui sort de l'ordinaire

"Si nos arrières grands-parents voyaient ça !"

Et pourtant, et c'est là tout le contraste, parallèlement à cela, quelle abondance de produits dans nos supermarchés, avec des rayons entiers de biscuits, céréales, confiseries, produits laitiers, viandes, boissons en tout genre, et des fruits et légumes similaires à toutes les saisons. Comme l'indique la nutritionniste, "si nos arrières grands-parents voyaient ça, ils se diraient qu'on vit vraiment dans le luxe. Et que l'on a vraiment beaucoup d'argent, car à l'époque cela coûtait très cher de se nourrir, surtout dès que l'on se permettait quelque-chose qui sort de l'ordinaire". Et enfin, malgré la durée de vie largement prolongée des aliments, on n'a jamais autant gaspillé... alors que les producteurs, et parfois les animaux, travaillent dans des conditions qui se détériorent.

Parallèlement à cela, notre équilibre nutritionnel vacille, avec l'apparition ces dernières décennies d'une obésité croissante dans la population ainsi que, selon les sociétés, des maladies cardio-vasculaires ainsi qu'une surconsommation de protéines. La production de viande a d'ailleurs été multipliée par quatre en 50 ans.


Que faire si l'on veut encourager une cuisine "saine et durable" ?

Face à ces constats qui nous poussent droit dans le mur, il convient plus que jamais d'opter pour une alimentation saine, et si possible éthique et respectueuse, notamment en essayant de ne pas encourager le fait de faire pression sur les producteurs, que ce soit pour les quantités commandées ou les prix pratiqués.

Cela passe tout d'abord par le choix des produits, des aliments, mais aussi en essayant de privilégier la production locale. Et, bien entendu, des fournisseurs qui produisent à "échelle raisonnable" plutôt que des multinationales qui encouragent la production de masse.
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Comment modifier ses habitudes ?

Tout d'abord, les changements doivent être apportés en douceur. En général, changer du tout au tout n'est pas opportun car cela génère trop de contraintes en un coup. Le résultat est alors généralement l'abandon. Il est préférable d'apporter des nouveautés au fur et à mesure, tout en impliquant les proches, que ce soit lors des achats ou lors des préparations, afin que la cuisine redevienne un lieu de vie. "En règle générale, les familles n'ont d'ailleurs jamais eu d'aussi belles cuisines. C'est devenu un critère de choix lors de l'achat d'une maison. Mais paradoxalement, les gens y passent de moins ne moins de temps", note Véronique Taburiaux. "Or, il y a moyen de
passer d'excellents moments en famille, avec des enfants, et c'est la meilleure façon de les faire goûter et diversifier leur alimentation. Vous verrez que, comme par magie, quand ils préparent, ils mangent aussi", ajoute la nutritionniste.

Renouer avec le plaisir et instaurer des rituels font partie des solutions proposées pour améliorer nos habitudes. Couplés à un choix de produits différents lors des achats, en respectant notamment les saisons et en optant pour des aliments "vivants" et originels, ces comportements devraient s'avérer bénéfiques pour votre bien-être, votre santé, et de façon générale pour la planète tout entière.


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