"Dans les yeux de Pesquet", le rêve éveillé de l'astronaute français

Portrait deThomas Pesquet délivré par l'Agence européenne de l'Espace (ESA) le 7 février 2018HO
Internet, espace

Thomas Pesquet dans la "cupola" de la station spatiale internationale (ISS) interprétant au saxophone un air inédit de jazz ouvre le film "Dans les yeux de Pesquet" sur la mission de l'astronaute français.

Ce documentaire immersif en version IMAX, présenté en avant-première à la Cité de l’espace à Toulouse, a été réalisé par le Français Pierre-Emmanuel Le Goff et l'Allemand Jürgen Hansen. Il sera diffusé à partir du 10 février à la Cité de l'espace, au Futuroscope à Poitiers ainsi qu'au Parc du Petit Prince (haut-Rhin). Il devrait être également projeté dans les mois prochains dans des salles à l'étranger.

Ce film de 25 minutes soutenu par l'Agence européenne de l'espace (ESA) et la NASA, avec les commentaires parfois lénifiants de la comédienne Marion Cotillard, vaut surtout pour ses images, souvent exceptionnelles.

C'est en quelque sorte le journal de bord de Pesquet. L'histoire démarre avec l'entraînement, notamment dans la piscine. Il y a ensuite le décollage avec ce mélange de joie intense dans les yeux de Pesquet et ce petit cœur fait avec sa main à l'attention d'Anne, sa femme, à travers la vitre du bus qui va l'emmener au pas de tir, puis l'arrivée à bord. Le rêve d'une vie qui se réalise...

"J'ai du mal à y croire moi-même, mais c'est pour de vrai", avoue-t-il lors de sa première conversation téléphonique avec sa femme juste après son voyage dans Soyouz.

Dans l'ISS, qui ressemble à l'intérieur d'un ordinateur, le spectateur vit au jour le jour avec Pesquet: sa difficulté au début à maîtriser les conséquences de l'impesanteur, les expériences scientifiques, les instants de convivialité, le ménage du samedi ou les longues périodes de sport car il faut compenser les pertes musculaires.

- L'utopie d'un terrien -

Il y a des images à couper le souffle, celle "de la fragilité de la terre", dixit Pesquet qui réaffirme sa volonté de défendre la planète Terre. Ou celle de sa sortie extra-véhiculaire, l'utopie d'une vie pour tous les terriens.

Ce tournage a été rendu possible par les nombreuses caméras qui équipent l'ISS. Mais surtout par la disponibilité du spationaute et de ses coéquipiers qui, avec du matériel de très haute technologie, ont réalisé de nombreuses séquences, notamment le week-end, les jours où ils ont le plus de liberté, a souligné M. Le Goff.

Au total, la mission de Pesquet entre novembre 2016 et juin 2017 a permis de rapporter 600 heures d'images dans l'espace et quelque 100 supplémentaires sur terre à l'entraînement. Trente à quarante heures ont été tournées en IMAX.

"Il a un vrai regard de cinéaste. Il nous a ramené des séquences inattendues", a expliqué M. Le Goff, précisant que le spationaute était parti dans l'ISS avec un véritable plan de tournage qu'il avait parfaitement suivi.

"Il n’avait pas de formation. Il fallait changer les formats selon les tournages (HD, IMAX....). Pesquet a appris pendant les prises de vue de l'entraînement avant le départ et en utilisant les caméras", a-t-il souligné, précisant "avoir dû le rassurer" car il "avait eu peur d'avoir loupé des plans".

Quant au morceau joué au saxophone par Pesquet, l'instrument que lui ont offert ses collègues, il s'intitule "Into the infinit", titre créé spécialement par le saxophoniste Guillaume Perret, compositeur et arrangeur de jazz. "La partition avait été envoyée par internet et le tournage a duré deux heures. C'était mon rêve de mettre une scène comme ça", a reconnu M. Le Goff.

Depuis son retour sur terre, deux DVD intitulés "Thomas Pesquet, l'étoffe d'un héros et Thomas Pesquet, l'envoyé spatial" ont déjà été mis en vente. Plusieurs autres formats sont prévus dans les prochains mois, notamment "Dans la peau de Thomas Pesquet" en réalité virtuelle: cette version sera présentée lors du prochain festival de Cannes.

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