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"Eté pourri" peut-être, mais simple "répit" dans le réchauffement, selon Météo France

La sensation "d'été pourri" n'était pas totalement usurpée pour la saison qui s'achève, très arrosée et peu ensoleillée, mais ce "répit" n'infirme pas la tendance globale au réchauffement climatique, avec des températures supérieures à la moyenne, selon Météo France.

L'été météo --mois de juin, juillet et août-- s'achève en France métropolitaine avec une température moyenne supérieure de 0,5°C à la moyenne de référence (1981-2010), selon un premier bilan présenté mardi.

Mais il fait suite à une série de six étés très chauds, voire exceptionnels, se classant comme le moins chaud depuis 2014. L'été 2003 reste de loin le plus chaud jamais enregistré (+3°C par rapport à la moyenne).

Cette longue séquence d'été chauds et secs a renforcé l'impression d'été "pourri", a souligné Matthieu Sorel, climatologue à Météo France, lors d'un point presse. D'autant que si le mois de juin a connu un écart de +2°C par rapport à la moyenne, juillet et août ont été en dessous, de -0,1°C et -0,4°C respectivement.

Le niveau des températures maximales n'a pas arrangé les choses, ne dépassant la moyenne que de 0,2°C, autour de 25°C, contre 28°C les étés précédents.

Enfin, l'été 2021 a enregistré une pluviométrie exceptionnelle, mois d'août excepté, avec +23% de précipitations par rapport à la moyenne (+54% en juin, +49% en juillet mais -40% en août). C'est là encore l'été le plus humide depuis 2014, avec un nombre de jours de pluie excédentaire sur les façades Ouest et Est du pays.

C'est donc sans surprise aussi la soupe à la grimace côté ensoleillement. Juin a été plus ou moins conforme, mais juillet a connu un "déficit plutôt important", à peine 80% à 90% de l'ensoleillement moyen, et août autour de 90%. Les déficits ont été très marqués en juillet sur le Centre-Est et le Sud-Ouest, en août sur le Nord-Est.

C'est au célèbre anticyclone des Açores que l'Hexagone doit ces piètres conditions estivales. Alors qu'il s'étire classiquement jusqu'à la France en cette saison, il s'est replié fin juin sur l'Atlantique, laissant le pays exposé au phénomène de "goutte froide", c'est à dire une masse d'air froid en altitude dont l'interaction avec l'air plus chaud en surface engendre pluie et baisse de température. La situation est revenue à la normale à partir de mi-août.

Malgré ces phénomènes conjoncturels, l'été 2021 "s'inscrit globalement à la hausse dans le contexte du réchauffement climatique", a rappelé Matthieu Sorel, avec cette température globale supérieure à la moyenne. "C'est plutôt un répit par rapport à ce que nous devrions connaître dans les années à venir, parmi ces étés chauds et secs attendus".

Comme l'a attesté, hors de France, la multiplication des événements extrêmes, sécheresses, incendies géants ou inondations.

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