En ce moment
 
 

Anesthésiste de Besançon: pourvoi en cassation contre la mise en liberté du Dr Péchier

Anesthésiste de Besançon: pourvoi en cassation contre la mise en liberté du Dr Péchier
L'anesthésiste français Frédéric Péchier le 29 mars 2017 à Besançon SEBASTIEN BOZON

Le parquet général a décidé lundi de se pourvoir en cassation contre la décision de la cour d'appel de Besançon de laisser en liberté sous contrôle judiciaire le Dr Frédéric Péchier, soupçonné de 24 empoisonnements, dont neuf mortels, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet dispose désormais "d'un mois pour rédiger le mémoire" qui détaillera les motifs de ce pourvoi, qui était vivement souhaité par les parties civiles, a-t-on précisé de même source.

"C'est une excellente nouvelle", s'est félicité Me Frédéric Berna, l'un des avocats des parties civiles qui "compte sur le parquet général pour convaincre la cour de casser cet arrêt", rendu mercredi par la chambre de l'instruction.

"C'était important pour les victimes de sentir qu'on n'allait pas laisser passer ce genre de comportement", a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP.

Le Dr Péchier, âgé de 47 ans, a été mis en examen en 2017 puis à la mi-mai pour un total de 24 empoisonnements présumés de patients, dont neuf mortels. A quatre reprises - en première instance puis en appel -, la justice a décidé son maintien en liberté sous contrôle judiciaire, la dernière fois mercredi.

Selon Me Berna, des "soupçons de partialité" pèsent sur cette dernière décision, du fait d'un soupçon de "connivence" entre le président de la chambre de l'instruction, qui a rendu la décision en appel, et des avocats de la défense.

Malgré les accusations qui pèsent contre lui, Frédéric Péchier n'a jamais été placé en détention depuis sa première mise en examen en 2017.

"Cela ne me dérange pas qu'il y ait une 5e ou une 6e audience, certains sont prêts à tout pour que le Docteur Péchier aille en prison", a réagi l'un des avocats de Frédéric Péchier, Me Randall Schwerdorffer.

Vendredi auprès de l'AFP, il avait affirmé "ne pas craindre un nouveau débat devant un juge des libertés et de la détention", soulignant que "la logique du maintien en liberté de M. Péchier est dans l'étude du dossier".

Le contrôle judiciaire de l'anesthésiste lui interdit d'exercer sa profession depuis 2017. Il a été renforcé après sa seconde mise en examen avec l'interdiction de se rendre à Besançon ou dans la commune voisine où il résidait.

L'anesthésiste est soupçonné d'avoir pollué, entre 2008 et 2017, des poches de perfusion de 24 patients, âgés de 4 à 80 ans, pour provoquer des arrêts cardiaques, démontrer ses talents de réanimateur et discréditer ses collègues de clinique, avec lesquels il était en conflit.

Parmi ses victimes présumées, neuf sont décédées. D'autres sont restées plusieurs jours dans le coma après avoir subi des arrêts cardiaques à l'occasion d'opérations qui ne présentaient pas de difficultés particulières et en portent encore des séquelles.

Vos commentaires