Attentats à Bruxelles - deux ans après - Un événement d'une ampleur inédite pour les assureurs

Attentats à Bruxelles - deux ans après - Un événement d'une ampleur inédite pour les assureurs

(Belga) Le secteur des assurances a reçu des demandes d'indemnisation de près de 1.400 victimes des attentats de Bruxelles. Le coût total pour la soixantaine de compagnies impliquées est évalué à 112 millions d'euros. Les assureurs, qui ont fait face à de nombreuses critiques de la part des victimes, estiment cependant avoir fait preuve de "générosité" en augmentant certaines interventions et tiré des leçons des événements.

Les attentats à Brussels Airport et Maelbeek ont constitué le premier acte de terrorisme d'une telle ampleur en Belgique, souligne le porte-parole du secteur des assurances, Wauthier Robyns. Les dommages ont été largement supérieurs à ceux causés par les Cellules Communistes Combattantes et le Front Révolutionnaire d'Action Prolétarienne dans les années 1980. En outre, les attaques de ces mouvements étaient survenues avant la modification de la législation décidée après les attentats du 11 septembre à New York et de Madrid en 2004. Cette adaptation a permis d'empêcher que le terrorisme ne soit exclu dans une série d'assurances essentielles, ajoute M. Robyns. Dans la foulée du 22 mars, les compagnies ont dans un premier temps fait face à leurs obligations contractuelles qui découlent d'une série d'assurances (accident du travail, assurance spéciale incendie/explosion dans un lieu public, vie, hospitalisation...). Rapidement, le secteur a constaté que certaines choses pouvaient être améliorées. Une procédure de "renvoi systématique" a ainsi notamment été mise en place afin de rappeler aux victimes qu'elles devaient se signaler auprès de l'ensemble des assureurs concernés pour leur permettre de bénéficier de toutes les interventions auxquelles elles pouvaient prétendre, détaille le porte-parole d'Assuralia. Un an après les faits, les compagnies concernées ont décidé, plus ou moins sous la pression du gouvernement, d'accélérer la cadence. "Normalement, les assureurs attendent de voir l'évolution des lésions corporelles avant de régler le préjudice moral", rappelle M. Robyns. "Dans ce cas, ils ont décidé de régler sur la base de ce qui était déjà connu, même si l'état de santé des blessés pouvait encore évoluer. Les montants allaient jusqu'à 200% du tableau indicatif utilisé par la justice pour les victimes de préjudice moral." Le porte-parole souligne que contrairement à ce qui a pu être interprété par certaines victimes, accepter cette intervention n'empêchait pas de faire valoir par la suite une aggravation de la situation. "Certains avocats n'ont apparemment pas compris que les montants proposés n'étaient que des avances. Ceux qui prétendaient ne rien vouloir accepter des assureurs avaient la possibilité de porter leur dossier devant la justice, mais je ne pense pas qu'il s'agissait d'un bon conseil." Vendredi, le gouvernement a annoncé que les victimes d'un attentat seront désormais indemnisées par une assurance quel que soit le lieu où les faits se sont déroulés et le modus operandi des terroristes. Un mécanisme décrit comme unique en Europe par l'exécutif fédéral et les assureurs, qui sera coulé dans un projet de loi et qui répond aux constats posés par le secteur à la suite des travaux de la commission parlementaire, selon son porte-parole. Les assureurs estiment aussi, à la lumière de ces travaux, que les procédures d'expertise médicale pourraient être simplifiées et centralisées. Les événements du 22 mars ont représenté un coût pour le secteur évalué à 112 millions d'euros. Ce montant aura encore un impact sur les compagnies pendant plusieurs années, explique M. Robyns. "Lorsque les assureurs prennent connaissance des lésions subies par les victimes, ils établissent des provisions techniques. Au fur et à mesure que l'état de santé évolue, les calculs sont affinés et les montants progressivement libérés. Les compagnies maintiennent les provisions aussi longtemps qu'elles devront continuer à payer. Dans un certain nombre de cas, et notamment en accident du travail, la loi veut que l'indemnisation soit versée sous forme de rente. Il faudra donc que de l'argent reste disponible pendant des années encore." D'un autre côté, les événements de Brussels Airport et Maelbeek ont montré que la Belgique était exposée à un risque d'attentat. Les assureurs ont dès lors adapté leurs tarifs en tenant compte de ce risque, même si par définition, celui-ci est particulièrement difficile à anticiper, souligne Wauthier Robyns. (Belga)

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