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Ce climatologue évoque les orages violents de ces 3 derniers jours: "Avec le réchauffement climatique, leur intensité et leur fréquence augmentent"

Depuis 3 jours consécutifs, des averses parfois intenses et orageuses s'abattent sur notre pays. Elles donnent lieu à des chutes de grêle et d'importants cumuls de précipitations en peu de temps.

Jean-Pascal Van Ypersele, climatologue, était invité dans le RTLINFO13H. Il répondait à nos questions sur ces phénomènes météorologiques qui sont, selon lui, en lien avec le réchauffement climatique.

Olivier Schoonejans: Doit-on s'attendre à des orages plus fréquents et plus violents dans les années qui viennent?

Jean-Pascal Van Ypersele: "En tous les cas, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) parle depuis déjà 30 ans du fait que dans un climat qui se réchauffe, il y a malheureusement de plus en plus d'évaporation à la surface des océans. Donc en moyenne, dans l'atmosphère, il y a plus d'humidité et quand il y a plus d'humidité et bien cela veut dire que quand les conditions sont réunies pour qu'il pleuve, les pluies peuvent être beaucoup plus intenses ou plus torrentielles avec tous les risques d'inondation associés, surtout si les sols sont imperméabilisés, comme c'est bien trop souvent le cas chez nous."

Olivier Schoonejans: Donc, selon vous, c'est une conséquence directe du réchauffement climatique?

Jean-Pascal Van Ypersele: "Disons que le réchauffement climatique aggrave en moyenne ce genre d'événement, accroît la fréquence, accroît l'intensité de ce genre de pluie très violente mais ce n'est pas le seul facteur. Il y a toujours eu des orages et des pluies torrentielles mais avec le réchauffement climatique l'intensité et la fréquence augmente. Et donc nous devons nous préparer à ce que ce genre de chose arrive plus souvent, avec plus de force."

Olivier Schoonejans: "On parle de quel timing, de quelle durée. On parle des prochaines années, des prochaines dizaines d'années ?"

Jean-Pascal Van Ypersele: "Cela veut dire que ce qu'on appelle la période de retour, l'intervalle entre deux événements à un endroit donné va avoir tendance à diminuer. Là, où on voyait ce genre d'événements tous les dix ans et bien on va les voir plus souvent, soit tous les 7 ans ou les 5 ans, cela dépend des endroits. La tendance générale est à voir ce genre de chose plus souvent avec plus de gravité malheureusement. Ce qui veut dire qu'il faut prendre beaucoup plus de mesures de prévention, aussi bien du côté de la prévention des changements climatiques que du côté de la prévention des inondations par une meilleure gestion des sols, des trajets de l'eau, des emplacements où on laisse construire. On a laissé parfois des bâtiments être construits dans le lit de certaines rivières, après il ne faut pas s'étonner de les voir inondés, alors que cela aurait pu être évité.  "

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