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Climat: peu d'avancées à Bonn, nouvelles négociations prévues à Bangkok en septembre

(Belga) Les négociateurs des 195 pays signataires de l'Accord de Paris, réunis depuis dix jours à Bonn (Allemagne) afin de définir les règles d'application des grands principes dégagés en 2015 pour contenir le réchauffement sous le seuil des 2°C, n'ont engrangé que peu d'avancées.

Cette session intermédiaire devait préparer le terrain à la 24e conférence des parties sur le changement climatique (COP24), prévue en décembre à Katowice, en Pologne. C'est là que doit être approuvé le "rule book", soit l'ensemble des règles de mise en oeuvre de l'Accord de Paris. Car si les grandes lignes sont fixées, les contributions nationales des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, les règles de transparence que les Etats devront suivre pour rendre compte de leurs actions et le financement de la transition dans les pays du sud restent à définir. Le travail a toutefois été "très lent", résume Amjad Abdulla, représentant du groupe des petites îles, à l'issue des dix jours de négociations. Une lenteur qui a douché les espoirs de disposer dès maintenant de projets de textes suffisamment ramassés pour pouvoir être réellement négociés. "Nous ne sommes pas parvenus à ça, loin de là (...) Nous n'avons pas été à la hauteur de ce qui était espéré", a indiqué la négociatrice de l'UE Elina Bardram, évoquant une certaine "frustration" au sein des délégations. Parmi les points de discorde, la question du financement de l'aide aux Etats en développement reste particulièrement épineuse, les Etats du Nord étant réticents à délier les cordons de la bourse. "Il n'y a à ce jour aucune définition claire du financement de la transition dans les pays du sud. Les 100 milliards de dollars annuels promis par les pays développés se font toujours attendre. Or cette question est primordiale pour les pays du sud qui, sans cette manne financière et en l'absence de prévisibilité du financement, ne peuvent envisager de stratégies d'adaptation à long terme", commente Véronique Rigot, chargée de recherches sur les questions climatiques au CNCD-11.11.11, et qui a suivi les négociations depuis la Belgique. La conférence de Bonn était également l'occasion d'étrenner le "dialogue de Talanoa", un concept forgé dans les îles Fidji et décliné à l'échelon mondial pour faciliter les échanges et renforcer l'action des Etats. "L'objectif est de parvenir à un consensus sur la révision à la hausse des contributions nationales à l'horizon 2020", poursuit Véronique Rigot. "Mais à ce stade, les discussions restent erratiques." La présidence fidjienne de la COP23 a donc annoncé une session additionnelle début septembre à Bangkok pour augmenter les chances de faire de cette année cruciale un succès. A ce jour, les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par les Etats signataires conduiraient à une hausse de température moyenne de 3°C. Si certains pays tels que la France, l'Allemagne et les Pays-Bas plaident en faveur d'une révision à la hausse des objectifs climatiques de l'Europe, la Belgique, elle, est restée muette. (Belga)

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