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Coronavirus: les pompiers, de plus en plus sollicités, "rentrent dans le dur"

Coronavirus: les pompiers, de plus en plus sollicités,
Un pompier à l'entrée d'un centre de formation où sont attendus pour mise en quarantaine des Français rapatriés de Chine, le 2 février 2020 près de Aix-en-ProvenceCLEMENT MAHOUDEAU

Déjà "au front" dans les régions les plus touchées par le coronavirus, les pompiers sont de plus en plus sollicités et commencent à rentrer "dans le dur" dans le reste du pays, soulignent leurs responsables.

"Dans certains endroits comme le Grand Est, la vague est en cours et nous sommes au front. Dans les autres, on s'y prépare", a expliqué mercredi à l'AFP Grégory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), qui chapeaute les quelque 250.000 pompiers du pays.

Le Covid-19 représente aujourd'hui "50% des interventions des pompiers dans le Grand Est", région où la situation est la plus critique, "et 10 à 20% dans les départements pas trop atteints", a-t-il précisé.

"Le virus se manifeste notamment par une détresse respiratoire aigüe. Nous devons arriver le plus vite possible pour mettre les patients sous oxygène (disponible dans les camions de pompiers) et les conduire rapidement à l'hôpital pour qu'ils puissent continuer à être sous respirateur et soignés", explique à l'AFP Christophe Marchal, pompier dans le Haut-Rhin et membre du comité exécutif de la FNSPF.

"On n'a aucune idée de l'ampleur qu'aura la vague" du coronavirus en France, "mais on observe ce qui se passe dans le Grand Est", souligne M. Allione, en rappelant que les pompiers disposent au total de 6.357 ambulances, toutes équipées en respirateurs et oxygène.

A la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), qui gère la capitale et sa petite couronne, dans une région devenue le deuxième foyer de contamination français, on se prépare "à une vague d'interventions importante en milieu ou fin de semaine".

"Pour l'instant, nous ne sommes pas saturés", précise le lieutenant-colonel Gabriel Plus, responsable de la communication. Et ce grâce au confinement, qui a permis les premiers jours de faire chuter le nombre d'interventions.

Mais depuis deux ou trois jours, la vague "a commencé", souligne Bertrand Prunet, médecin-chef de la brigade. "On commence à rentrer dans le dur, le Covid-19 représente déjà un tiers de notre activité".

L'activité au niveau national augmente dans les centres d'appels d'urgence des pompiers, "notamment sur les plate-formes d'appel d'urgence 112 mutualisées avec les Samu", explique M. Allione.

Les pompiers, qui comptent en leurs rangs 4.000 médecins, 7.133 infirmiers, 83 cadres de santé, 545 pharmaciens, 303 vétérinaires et 303 psychologues, respectent de très strictes mesures de précautions (masques, distanciations, équipement complet en présence de personnes contaminées, désinfection du matériel ensuite, moins de monde en caserne), a-t-il rappelé.

Ils ont comme d'autres professions en première ligne du virus "un problème d'approvisionnement en masques", mais "on en reçoit petit à petit", de l'Etat, des collectivités locales ou donnés par des d'entreprises, selon M. Allione.

Ils ont en revanche tous les effectifs nécessaires, notamment parce que les pompiers volontaires (80% des effectifs) sont moins accaparés par leurs métiers en raison de la paralysie économique, souligne-t-il. "Tous sont motivés par cette lutte contre le virus".

"Tous l'enjeu dans les semaines à venir va être de garder cette disponibilité", selon M. Allione.

La BSPP précise de son côté avoir rappelé les 3.000 pompiers de Paris habituellement volontaires à travers la France pour qu'ils puissent intervenir uniquement sur la capitale et la proche banlieue, ainsi que des réservistes et volontaires service civique.

La circulation du coronavirus s'accélère en France, avec plus de 1.000 morts depuis le début de l'épidémie et un personnel soignant plus que jamais sous tension.

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