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Coronavirus: pressions politiques pour généraliser le traitement à la chloroquine

Coronavirus: pressions politiques pour généraliser le traitement à la chloroquine
Un membre du personnel soignant de l'institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection montre des plaquettes de l'antipaludique Nivaquine, le 26 février 2020 GERARD JULIEN

Plusieurs élus, notamment de droite, ont fait monter la pression dimanche pour généraliser rapidement l'utilisation de la chloroquine pour traiter le coronavirus, même si l'efficacité de cet anti-paludique est toujours en cours d'évaluation scientifique.

"La chloroquine, pourquoi ne l'utilise-t-on pas ?", s'est ainsi interrogé sur France Inter le patron des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau.

"Elle a un avantage, elle n'est pas chère. Est-ce que c'est parce que les grands labos aimeraient se faire de l'argent sur le dos de nos concitoyens?", a-t-il poursuivi.

Alors que le spécialiste des maladies infectieuses Didier Raoult a conduit à Marseille une première étude prometteuse, mais sur un échantillon de 24 patients seulement, M. Retailleau a plaidé pour "qu'on n'attende pas ce que les milieux académiques peuvent attendre, c'est-à-dire des règles standards, académiques, de la recherche de risques".

"Peut-être faut-il simplement le prescrire en milieu hospitalier (...) De toutes façons qu'est-ce qu'on risque ? Les gens meurent", a-t-il insisté.

"On a eu suffisamment de retard sur les masques, les tests, le confinement, pour qu'on n'en prenne pas sur le traitement", a-t-il encore observé.

Le maire de Nice, Christian Estrosi (LR), lui-même contaminé par le coronavirus, a également dit dimanche à radio J qu'il a "envie qu'on fasse confiance" à Didier Raoult. "L'hôpital de Nice aujourd'hui a été approvisionné avec Sanofi (ndlr: en chloroquine), comme d'autres établissements hospitaliers de notre pays (…) il y a des protocoles et à partir du moment où le médecin hospitalier se tourne vers les familles en demandant si elles sont d'accord, eh bien tant mieux", a souligné M. Estrosi qui lui-même va "bien".

Suivie à Marseille, comme la présidente du département des Bouches-du-Rhône Martine Vassal, par le Dr Raoult après avoir été infectée par le coronavirus, la députée (LR) Valérie Boyer a elle aussi défendu le traitement à la chloroquine, vantant les mérites du scientifique. "Nous n'avons pas affaire à un charlatan mais un homme de science", a-t-elle plaidé sur BFMTV.

Le président du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni a pour sa part annoncé dimanche avoir demandé au gouvernement "de consulter les praticiens et autorités sanitaires de l’île pour que la Corse puisse intégrer immédiatement le programme visant à confirmer l’efficacité du traitement".

Samedi, le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué avoir demandé à ce que l'étude du professeur Raoult "puisse être reproduite à plus large échelle dans d'autres centres hospitaliers, par d'autres équipes indépendants".

Un complément nécessaire car "jamais aucun pays au monde n'a accordé une autorisation de traitement sur la base d'une étude comme celle-ci", a-t-il fait valoir.

M. Véran espère des résultats d'ici 15 jours.

"L'histoire de maladies virales est peuplée de fausses bonnes nouvelles, peuplée de déceptions, de prises de risques inconsidérées aussi", a averti le ministre.

Le traitement à la chloroquine, "nous n'hésitons pas à le mettre en place mais nous suivons un protocole scientifique", a insisté dimanche sur LCI la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, en soulignant que des expérimentations se poursuivaient "à Lille et à Paris".

 

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