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Décès de Naomi Musenga: l'opératrice du Samu "suspendue à titre conservatoire"

Décès de Naomi Musenga: l'opératrice du Samu
Le Samu montré du doigt après le décès d'une jeune femme à StrasbourgLOIC VENANCE

L'opératrice du Samu, qui avait raillé en décembre au téléphone une jeune femme décédée quelques heures plus tard à l'hôpital de Strasbourg, a été suspendue mercredi "à titre conservatoire", a indiqué la direction des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS).

"Dans le cadre du développement de l'enquête, il y a des éléments suffisamment concluants pour la suspendre, c'est la décision qui a été prise par le directeur général" des HUS, Christophe Gautier, mercredi en début d'après-midi, a indiqué à l'AFP la directrice de la communication de l'hôpital.

"Cela ne préjuge pas des conclusions de l'enquête" administrative ouverte sur les conditions de prise en charge de Naomi Musenga, décédée le 29 décembre à 22 ans, a-t-elle cependant relevé.

Souffrant de fortes douleurs au ventre, la jeune femme, seule à son domicile, avait composé un numéro d'urgence. Transférée vers le centre d'appels des pompiers puis vers celui du Samu, elle avait obtenu pour seul conseil de l'opératrice du Samu, qui lui avait répondu avec moquerie, d'appeler SOS Médecins. Après plusieurs heures et d'autres appels, une intervention du Samu avait été déclenchée, mais Naomi Musenga était décédée peu après à l'hôpital.

Lors de la conversation téléphonique avec le Samu, dont l'enregistrement a été révélé par l'hebdomadaire alsacien Heb'di, l'opératrice déclare à la jeune femme: "Vous allez mourir, certainement un jour comme tout le monde".

Le directeur général des HUS a ouvert une enquête administrative le 2 mai et reçu la famille.

L'opératrice concernée avait dans un premier temps été affectée à un autre poste, n'entrant pas en relation avec les patients, avait indiqué mercredi matin Christophe Gautier.

Mais désormais "elle a été auditionnée, cela justifie à ce stade de la suspendre", a indiqué la direction de l'hôpital.

L'hôpital a, depuis la publication de la conversation entre Naomi Musenga et l'opératrice, "reçu beaucoup d'appels téléphoniques de menaces", amenant les syndicats à demander "des mesures de protection vis-à-vis du personnel", a indiqué Christian Prudhomme, du syndicat FO.

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