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Des Belges aux commandes de l'ISS: une expérience qui se prépare depuis des mois

La station spatiale internationale se trouve à 408 km au-dessus de la terre. Dès ce midi, des scientifiques belges sont à la manœuvre. Ils vont installer du matériel pour observer le phénomène d'ébullition.

Des soucis techniques ont retardé, vendredi après-midi, l'installation de la "bouilloire" un peu particulière RUBI, développée en partie par des scientifiques belges, dans le module laboratoire Colombus de l'ISS. L'astronaute de l'ESA Luca Parmitano, chargé de son installation, reprendra celle-ci plus tard, probablement en soirée, afin de pouvoir accomplir d'autres tâches prévues à son agenda. L'opération était suivie en direct depuis l'institut royal d'aéronomie spatiale de Belgique (IASB), à Uccle. L'expérience sera contrôlée par le centre d'opérations spatiales belge (Belgian User Support and Operations Centre - B.USOC).

RUBI (Reference Multiscale Boiling Investigation) a été lancée avec succès le 25 juillet dernier dans une fusée Falcon 9, depuis Cap Canaveral, en Floride, lors du 18e vol de réapprovisionnement de SpaceX vers la Station spatiale internationale (ISS). Son installation par Luca Parmitano était prévue vendredi après-midi, heure belge, dans le laboratoire Colombus. L'astronaute a toutefois interrompu sa tâche vers 16h00, à la suite de problèmes techniques, et la poursuivra probablement en soirée. L'installation est presque terminée mais 10 à 15 minutes de travail seraient encore nécessaires, a indiqué l'astronaute. Une phase de tests est également prévue.

À quoi servira ce matériel ?

L'expérience RUBI vise à étudier les processus d'ébullition des liquides. En effet, sur Terre, en raison de l'effet de la gravité, de petites bulles se forment et se détachent rapidement, masquant d'autres effets physiques. En apesanteur, la bulle grandit et ne se détache pas, ce qui permet aux scientifiques d'observer le phénomène de sa formation au plus près, précise Michel Kruglanski, directeur du B.USOC.

Le principal élément de cette "bouilloire", de la taille d'une boîte à chaussures et pesant 34 kg, est une cellule remplie d'un liquide pouvant être chauffé et refroidi par effet thermoélectrique. "Le processus d'ébullition est déclenché à l'aide d'un laser sur un radiateur en verre à revêtement métallique. Des caméras à haute résolution enregistrent ensuite la formation et le développement des bulles de vapeur dans le spectre visible et infrarouge", précise son concepteur Airbus.

Les résultats de ces tests menés en apesanteur pourraient servir à l'avenir, par exemple pour développer des systèmes de régulation thermique plus efficaces pour les téléphones, ordinateurs, etc., ainsi qu'au contrôle thermique des engins spatiaux, illustre Daniele Mangini, de l'Agence spatiale européenne (ESA). En tant que responsable de l'infrastructure du laboratoire FSL, situé au sein du module Colombus de l'ISS, le B.USOC a assuré la préparation de l'expérience et son exécution.

Des scientifiques de l'ULB, issus d'une équipe qui étudie entre autres les états d'évaporation et d'ébullition en microgravité, ont eux participé au développement de RUBI. "Aujourd'hui marque la fin d'une période de préparatifs de plusieurs mois pour nous et plusieurs années pour les scientifiques mais aussi le début d'une nouvelle étape. Les opérateurs seront désormais en permanence en contact avec l'expérience", qui durera cinq mois, conclut Michel Kruglanski. Mener à bien ce projet a effectivement nécessité environ 15 ans, complète Daniele Mangini.

Le laboratoire européen Columbus de l'ISS, qui fait le tour de la Terre à 28.800 km/h, fête cette année ses 10 ans d'expériences en orbite.

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