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Des chercheurs ont créé un ancêtre virtuel de l'Homo sapiens

Des chercheurs ont créé un ancêtre virtuel de l'Homo sapiens
Une combinaison de quatre visuels de modélisation de celui qui pourrait être l'ancêtre commun à tous les homo sapiens, transmise par le CNRS-MNHN le 10 septembre 2019Aurelien MOUNIER

Trois cents mille ans mais un crâne étonnamment moderne: des chercheurs livrent mardi une image virtuelle de ce que pourrait être l’ancêtre commun à tous les Homo sapiens actuels.

"Nous avons réalisé une modélisation afin de reconstruire des morphologies possibles à la population ancestrale à tous les hommes modernes", explique à l'AFP Aurélien Mounier, paléoanthropologue CNRS au Muséum national d’Histoire naturelle, coauteur de l'étude.

Motivés par le manque de fossiles datant de la période à laquelle les Homo sapiens seraient apparus en Afrique (seulement cinq crânes trouvés au Maghreb, en Afrique de l'Est et en Afrique du Sud), Aurélien Mounier et Marta Mirazon Lahr, de l'Université de Cambridge, ont passé à la loupe 263 crânes, fossiles et modernes.

Ils ont ensuite modélisé des individus moyens pour 29 populations différentes, 21 modernes vivant dans les différentes régions du monde, 8 populations fossiles, puis "remonté l'arbre évolutif de Sapiens pour en déduire ses caractères morphologiques et créer un fossile virtuel" unique.

Cet ancêtre virtuel, avec sa "boîte crânienne arrondie, son front relativement haut, ses bourrelets sus-orbitaires peu marqués et sa face peu projetée vers l’avant", présente une "morphologie proche de certains fossiles datés de seulement 100.000 ans", précise un communiqué du CNRS.

Les chercheurs ont comparé leur fossile virtuel à cinq fossiles âgés de 130.000 à 350.000 ans concluant que "des populations distinctes en Afrique ont contribué à former la population ancestrale de notre espèce", explique Aurélien Mounier.

Selon les travaux des deux chercheurs, l'Homo sapiens est certainement le fruit de la rencontre de population de l’est et du sud de l’Afrique, les populations du nord ayant contribué dans une moindre mesure.

Des conclusions qui remettent une nouvelle fois en cause la théorie d'une évolution humaine linéaire dont le berceau serait l'Afrique de l’Est.

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