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Deux journées scientifiques à la Rochelle pour étudier le "littoral durable"

Deux journées scientifiques à la Rochelle pour étudier le
Le climatologue français Jean Jouzel à l'Elysée le 30 mai 2016FRANCOIS GUILLOT

Une centaine de scientifiques, associatifs, élus ou entrepreneurs se réunissent jeudi et vendredi à La Rochelle pour les premières "Rencontres du Littoral urbain durable intelligent" (LUDI), des rencontres ouvertes au grand public qui évoqueront notamment les solutions actuellement mise en place pour lutter contre le "littoral menacé".

Cette première édition, à l'initiative de l'université de la Rochelle qui a créé un Institut LUDI, propose pendant deux jours des rencontres, ateliers, tables rondes, etc avec la participation notamment du climatologue Jean Jouzel.

20% de la population mondiale vit à moins de 30 km d'une zone littorale et 50% à moins de 100 km, selon un rapport de 2014 du climatologue. Ce pourcentage ne devrait cesser d'augmenter, renforçant ainsi la pression démographique sur un trait de côte également menacé par la montée des eaux, selon le rapport dex experts climat de l'ONU du GIEC présenté le 8 octobre.

Le long de la côte charentaise-maritime, diverses expérimentations sont déjà menées en lien avec l'université de La Rochelle, rappellent les experts à l'AFP. Ainsi, des drones mesurent la montée des eaux pour fournir des informations précises aux décideurs politiques. Le "géo-béton", obtenu par électrolyse, est testé pour empêcher les courants marins de saper les fondations des ouvrages de défense littorale.

Des scientifiques dressent aussi une cartographie des comportements des mammifères marins vis-à-vis des bateaux et d'autres encore repensent les matériaux en contact avec l'eau salée.

"Il faut réduire la corrosion des métaux, dans les ports particulièrement, sans que la solution ne se dégrade elle-même et pollue le milieu et in fine nos assiettes, comme peut le faire une peinture", explique Xavier Feaugas, vice-président à la recherche au sein de l'université, "on joint la science et la technologie pour avoir une vision de la ville côtière du futur. C'est tout cela un littoral urbain durable intelligent. »

A la fois lieu de vie, de villégiature, de tourisme et d'activités portuaires, soumise aux tempêtes, la préfecture de Charente-Maritime est un bon exemple des relations délicates qui se jouent partout dans le monde entre ville et littoral, dit-il.

"La continuité naturelle entre la ville et la mer est essentielle, même si la ville représente un obstacle qui coupe les flux normaux entre terre et mer", estime Yves Hénocque, écologue à l’Ifremer et président du comité d’experts littoral à la Fondation de France, également présent à ces rencontres, "tout est là, comment rétablir ces flux tout en gardant le fonctionnement de la ville".

Depuis mars 2018, l'université de La Rochelle a orienté l'intégralité de sa recherche scientifique vers cet unique sujet de littoral urbain durable intelligent. Géographes, historiens, physiciens, juristes, économistes, scientifiques du génie civil ou des matériaux, bio-technologues, tous planchent sur ce thème et mènent des expériences, comme au sein du parc urbain à bas carbone Atlantech, qui héberge des laboratoires universitaires. Même la disposition des rues est remise en question, où la ville est repensée pour être moins énergivore.

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