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Ecologistes évacués: l'intervention "parfaitement légitime" mais des "doutes" sur ses "modalités"

Ecologistes évacués: l'intervention
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lors d'une session parlementaire à Paris le 26 juin 2019Thomas SAMSON

L'intervention controversée des forces de l'ordre pour déloger des manifestants écologistes vendredi sur le pont de Sully à Paris était "parfaitement légitime", a jugé mardi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, tout en reconnaissant "des doutes" sur ses "modalités".

"Nous étions face à une manifestation non déclarée, sur un axe de circulation majeur à Paris et bloqué, provoquant des gênes importantes pour des dizaines de milliers de personnes", a affirmé M. Castaner lors d'un point presse après avoir inauguré un commissariat de police à Tourcoing (Nord).

"Il y a eu des discussions pendant deux heures avec les manifestants pour leur demander de ne pas rester", "il y a eu le respect des règles avec des sommations puis une intervention", a-t-il fait valoir.

L'intervention était "parfaitement régulière, parfaitement légitime", mais "les modalités m'ont interrogé", a toutefois concédé le ministre, faisant part de ses "doutes", qui l'ont poussé à demander une enquête interne et un rapport au préfet de police.

Le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête confiée à l'IGPN, la "police des polices" après cette intervention dont les images, largement partagées sur les réseaux sociaux, ont provoqué un vif émoi. On y voit des policiers aspergeant abondement de gaz lacrymogènes des militants de l'organisation Extinction Rebellion participant pacifiquement à un sit-in.

"L'ordre public doit être respecté partout et quelque soit la cause que l’on défend même si la cause est noble", a affirmé M. Castaner, qui a renouvelé son soutien aux forces de l'ordre.

"Samedi après samedi, pendant plus de 30 semaines (...) vous avez essuyé des violences" et des "mises en causes odieuses". "Vous avez été investis, exemplaires", a-t-il déclaré en référence aux manifestations des "gilets jaunes" lors desquelles de nombreuses critiques ont dénoncé un usage excessif de la force. Mi-juin, l'IGPN avait été saisie de 265 enquêtes judiciaires.

La visite du ministre de l'Intérieur, aux côtés du ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin, élu tourquennois, était en partie consacrée à la mise en place à Roubaix et Tourcoing d'un quartier de reconquête républicaine (QRR) avec 25 policiers supplémentaires, pour mieux lutter notamment contre le trafic de stupéfiants.

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