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Grenoble: des scientifiques en soutien au procès d'un "décrocheur" de portrait

Grenoble: des scientifiques en soutien au procès d'un
Des manifestants anti-G7 "pour le climats et la justice sociale" brandissent des portraits du président Macron décrochés depuis des mois dans des mairies, le 25 août 2019 à Bayonne GEORGES GOBET

Plusieurs scientifiques, dont des contributeurs aux rapports du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), ont apporté leur soutien à un prévenu jugé lundi devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour avoir décroché un portrait du président Macron.

Hasard du calendrier, cette audience pour "tentative de vol en réunion" et refus de prélèvement ADN à l'encontre du "décrocheur" Olivier S., 38 ans, se tenait le jour de l'ouverture de la conférence onusienne sur le climat (COP 25) à Madrid, où le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a répété son appel à agir de façon radicale et urgente.

"Le but était de subtiliser le portrait du président pour laisser un grand endroit vide comme l'est sa politique", a expliqué à la barre Olivier S., scientifique de métier, au casier judiciaire vide, qui a participé le 26 juin à une action non-violente à Saint-Nazaire-les Eymes (Isère) avec un groupe de militants Alternatiba-ANV COP 21.

Le ministère public qui ne conteste pas que "la réalité du dérèglement climatique constitue un danger pour la planète" a toutefois demandé "d'écarter l'état de nécessité", estimant que "la tentative de vol n'était pas le seul moyen d'action pour sensibiliser les citoyens". Une "peine d'avertissement de 600 euros d'amende dont la moitié avec sursis" a été requise.

Son avocat Me Pierre Janot a plaidé la relaxe appelant à un "nouveau rôle du juge". Le jugement a été mis en délibéré au 16 décembre.

Pour Thierry Lebel, hydroclimatologue et contributeur des rapports N° 3, 4, 5 et 6 du GIEC, venir au procès relève de l'urgence: "Toutes les années que l'on perd en inaction seront terriblement difficiles à rattraper".

"Il y a peu de climatologues qui n'ont pas conscience du décalage entre l'impact en cours et la réponse de la puissance publique", souligne ce directeur de recherche à l'Institut des géosciences et de l'environnement (IGE).

Jean Lilensten, météorologiste spatial et directeur au CNRS, était aussi présent pour dénoncer "la confusion mentale totale". "Il y a un attentat contre le climat et on s'offusque qu'on décroche des portraits de Macron!".

"En tant que citoyen", Pierre-Yves Longaretti, chercheur au CNRS et à l'INRIA sur les problématiques société-environnement, a été frappé par "la disproportion de la réponse policière et pénale à des actions non légales mais légitimes".

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