Jeanne Calment : "aucune preuve" de substitution par sa fille, selon des spécialistes

Jeanne Calment :
Jeanne Calment, la doyenne arlésienne de l'humanité, dans sa maison de retraite, le 20 février à Arles, à la veille de son 122ème anniversaire GEORGES GOBET
Russie

Aucun des arguments avancés par les chercheurs russes ne permet de conclure à une substitution de Jeanne Calment par sa fille Yvonne, ont conclu sept spécialistes réunis mercredi à l'Institut national d'études démographiques, selon un compte rendu de la réunion obtenu vendredi par l'AFP.

Les chercheurs, dont Jacques Robine et Michel Allard, qui avaient validé à l'époque le record de longévité de Jeanne Calment, décédée à 122 ans en 1997, ont "passé en revue tous les arguments avancés par les auteurs russes contestant l'âge de Jeanne Calment", indique ce court compte rendu, confirmant des informations du Parisien.

"Aucun de ces arguments n'apporte la preuve d'une substitution entre Jeanne et Yvonne Calment. Toutefois certains éléments méritent des investigations supplémentaires, notamment en ce qui concerne le supposé mobile (d'une substitution d'identité, NDLR), ou des études plus particulières (graphologie des signatures, caractéristiques morphologiques)", poursuit le court texte rédigé à l'issue de la séance. "Si ces investigations apportaient de nouveaux éléments de doute, le seul moyen de lever toute incertitude serait de recourir à une exhumation pour analyse ADN."

Le record mondial de longévité tous sexes confondus détenu par Jeanne Calment - officiellement décédée à l'âge de 122 ans et 164 jours en 1997 - a été récemment mis en doute par des chercheurs russes. Après avoir analysé pendant des mois des biographies, interviews, photos, ainsi que les archives d'Arles où la doyenne a vécu, ils assurent que la fille de Jeanne Calment, Yvonne, a pris l'identité de sa mère et que c'est donc elle qui serait morte en 1997, à l'âge de 99 ans.

"Aucun de ces arguments ne permet de conclure à une fraude, ils peuvent être écartés ou ressortent de l'imagination", a indiqué à l'AFP France Meslé, spécialiste à l'Ined des "super-centenaires" de plus de 110 ans.

Toutefois, compte tenu de l'intérêt relancé par les chercheurs russes, "ce serait bien de fouiller de nouveau dans les documents, par exemple les archives notariales, pour éclairer les questions concernant la fortune de Jeanne Calment", relève Mme Meslé.

Selon les chercheurs russes, Yvonne aurait emprunté l'identité de sa mère pour éviter de payer les droits de succession.

"Commençons d'abord par reprendre ces points, et si le doute se fait jour, la seule solution définitive serait d'exhumer mais il n'est pas question de le demander", souligne Mme Meslé.

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