En ce moment
 

La Marche des fiertés 2018 samedi à Paris sous le signe des controverses

sida

La Marche des fiertés annuelle mettra samedi à Paris l'accent sur les discriminations homophobes dans le sport sur fond de bisbilles entre les organisateurs et Act Up, qui dénonce une "relégation des séropos et des précaires" en fin de cortège.

Le défilé de quatre heures, qui rassemble en moyenne 500.000 personnes chaque année, partira à 14H00 de la place de la Concorde pour rejoindre la place de la République, dans le centre de la capitale.

Au moment où la Coupe du monde de football bat son plein en Russie, 87 groupes, aidés par 300 bénévoles et 40 secouristes, y dénonceront notamment "les chants homophobes dans les stades", "les traitements ou mutilations que subissent des athlètes féminines", "l'impossibilité d'évoquer son homosexualité dans le sport pour ne pas perdre des sponsors", a expliqué la porte-parole de l'Inter-LGBT.

"L'homophobie dans le sport est représentatif de ce qui se passe dans la société", a ajouté Clémence Zamora-Cruz lors d'une conférence de presse, alors que certaines associations ont déploré que le thème ne soit pas porté sur la PMA (Procréation médicalement assistée), dont l'ouverture aux femmes célibataires et homosexuelles a été longuement débattue ces derniers mois.

SOS homophobie a ainsi annoncé qu'elle marcherait, elle, derrière le slogan "PMA, l'égalité n'attend pas !", pour "demander au gouvernement et à la majorité d'ouvrir au plus vite le débat au Parlement".

Plusieurs collectifs appellent, eux, sur Facebook à former un cortège de tête pour dénoncer une "entreprise de dépolitisation" du mouvement LGBT et protester contre un mot d'ordre "surréaliste".

De son côté, Act Up, qui fêtait il y a un an ses 25 ans, s'est émue d'être "reléguée à l'avant-dernière place du cortège", après des sponsors comme Mastercard et Tinder qui ont tous les deux une place en milieu de cortège.

"Les associations historiques de lutte contre le sida, pleinement mobilisées pour défendre toutes les communautés frappées par l'épidémie, se retrouvent reléguées derrière l'ensemble des sponsors", écrit l'association dans un communiqué.

"Les questions de santé sont primordiales, il y a des messages de prévention, et trois minutes de silence en hommage aux morts", s'est défendue Clémence Zamora-Cruz, pour qui "on ne peut pas nous dire que le sujet du sida n'est pas abordé".

- "Pas anecdotiques" -

En outre, "il y a un roulement à faire, car aucune association n'est plus importante qu'une autre", a-t-elle ajouté, expliquant que l'ordre de passage est établi en fonction de sa composition les trois années précédentes. De plus, "Act Up n'a pas signé le mot d'ordre", d'où le choix de la placer loin de la tête de cortège.

Act Up était revenue sur le devant de la scène en 2017 avec le succès du film "120 battements par minute" de Robin Campillo, une vaste fresque sur le combat de l'association, César 2018 du meilleur film.

Les associations de défense de la cause LGBT (Lesbiennes, gays, bi, trans) continuent par ailleurs de s'inquiéter de la persistance des agressions homophobes.

Selon une étude de l'Ifop présentée mercredi, plus de la moitié (53%) des personnes se définissant comme homosexuelle, bisexuelle ou transgenre ont déjà été victimes d'une agression homophobe.

Parmi les faits répertoriés: insultes (28%), attouchements ou gestes à caractère sexuel (24%), menaces de révéler l'orientation sexuelle à des proches, collègues ou voisins (18%), ou viol (11%).

C'est dans l'agglomération parisienne - qui abrite le quartier du Marais où sont concentrés la majorité des bars et boîtes de nuit gays - que ces agressions sont les plus nombreuses.

Ce ne sont "pas des petits faits anecdotiques qui arrivent à 3 personnes en France comme on voudrait nous le faire croire" a souligné Flora Bolter, co-directrice du nouvel observatoire de l'homophobie.

Vos commentaires