La sonde Galileo avait l'info - les chercheurs ont mis 20 ans à la découvrir

La sonde Galileo avait l'info - les chercheurs ont mis 20 ans à la découvrir
Une image colorée d'Europe, lune à la surface glacée de Jupiter, créée par la Nasa à partir des observations de la sonde américaine Galileo entre 1995 et 1998Handout

Il suffisait de savoir où regarder.

Le 16 décembre 1997, la sonde Galileo avait traversé de plein fouet une probable colonne de vapeur d'eau s'échappant des entrailles d'Europe, une lune de Jupiter. Mais ce n'est que récemment que les chercheurs s'en sont aperçus, en se replongeant dans les données enregistrées à l'époque par la sonde américaine.

Europe passionne depuis des décennies les astronomes car, sous une croûte de glace extrêmement froide et d'une épaisseur mystérieuse, elle contient probablement des océans d'eau liquide - rare source potentielle de vie dans le système solaire.

Les Etats-Unis ont envoyé Galileo tourner autour de Jupiter dans les années 1990. Entre 1995 à 2003, la sonde a survolé 11 fois Europe.

C'est lors de l'un de ces survols, à une altitude particulièrement basse de moins de 150 km, que "nous avons vu des signes que nous n'avions jamais vraiment compris", s'est rappelée Margaret Kivelson, l'une des scientifiques de la mission Galileo, lors d'une émission de la Nasa lundi.

Des anomalies magnétiques alors mises de côté... jusqu'à l'an dernier.

Lors d'une réunion dans le Maryland, près de Washington, les scientifiques préparant la prochaine mission vers Europe (Europa Clipper, en 2022) ont eu l'idée de vérifier dans les vieilles données de Galileo s'ils y trouvaient la confirmation de ce que le télescope Hubble a cru apercevoir en 2012: des jets de vapeur d'eau provenant de l'intérieur de la lune.

Bingo: les anomalies enregistrées en 1997 correspondaient bien à la région de la colonne de vapeur repérée par Hubble. La sonde Galileo a donc très probablement volé au beau milieu du panache, pendant environ trois minutes.

La découverte est importante, car les chercheurs vont maintenant essayer de programmer la prochaine sonde, Europa Clipper, afin qu'elle survole la même région, a expliqué Elizabeth Turtle, du laboratoire de physique appliquée de l'université Johns Hopkins.

Cette sonde sera cette fois équipée d'instruments qui permettront d'en analyser la composition chimique. Et elle sera capable de descendre à seulement 25 km d'altitude, du jamais vu.

Les résultats de cette "re-analyse" ont été publiés lundi dans la revue Nature Astronomy.

Les geysers, si leur existence est confirmée, pourraient un jour offrir un moyen d'obtenir, grâce à l'envoi de robots, des échantillons de l'eau se trouvant sous la glace pour les analyser sans avoir à forer une croûte de glace qui pourrait mesurer des kilomètres.

Il faudra toutefois attendre encore un peu avant d'en avoir le coeur net. Europa Clipper et la sonde européenne "Juice" devraient s'approcher de Jupiter et de ses lunes entre la fin des années 2020 et le début des années 2030.

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