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Le cirque Pinder en liquidation judiciaire

Le cirque Pinder en liquidation judiciaire
Le cirque Pinder a été placé en liquidation judiciaire. Le 1er janvier 2015, il avait participé à une parade sur les Champs-ElyséesBERTRAND GUAY

Le cirque Pinder, institution fondée en 1854, a été placé en liquidation judiciaire à sa demande en raison de difficultés financières, a indiqué à l'AFP son patron, Gilbert Edelstein, confirmant une information de Ouest-France.

"Les mois de mars et avril ont été catastrophiques, on ne pouvait pas continuer comme ça", a expliqué M. Edelstein, PDG de Promogil, la société d'exploitation du cirque, placée en liquidation judiciaire le 2 mai par le tribunal de commerce de Créteil.

"C'est moi qui en ai fait la demande", a-t-il poursuivi, en affirmant que le chiffre d'affaires de sa société était passé de 7,5 millions d'euros en 2014 à 5,2 millions en 2017.

Pour expliquer cette chute, M. Edelstein, qui est aussi le président du Syndicat national du cirque, a mis en avant "une grosse défection du public de scolaires". Selon lui, en trois ans, le cirque Pinder est passé de "450.000 à 100.000 spectateurs scolaires par an".

Autres raisons avancées, "la crise économique" et le contexte post-attentats, à cause duquel "les gens ne veulent pas aller là où il y a de la foule".

M. Edelstein a en revanche assuré que ces difficultés n'étaient pas dues aux attaques des militants opposés à l'utilisation des animaux sauvages dans les cirques.

Cette question fait polémique ces derniers mois.

41 pays ont interdit les animaux sauvages dans les cirques, dont 19 en Europe.

En France, 65 communes ont pris des arrêtés pour interdire l'installation de cirques possédant des animaux, avait indiqué l'association de défense des animaux PETA en novembre, après la mort à Paris d'une tigresse qui s'était échappée d'un cirque et avait dû être abattue.

La ménagerie du cirque Pinder (une centaine de salariés) compte 50 animaux.

Les prochains spectacles prévus en province ont dû être annulés.

"Au cirque, c'est l'itinérance qui coûte cher", a souligné M. Edelstein.

"Un cirque, c'est avant tout une entreprise de transport, puis de montage/levage, puis de publicité, puis de spectacle. Le public ne le sait pas, mais sur une place à 10 euros, le spectacle ne représente qu'un euro", a-t-il dit en estimant à 20 à 30.000 euros par jour les frais liés à l'itinérance (essence, assurances etc).

"Si le ministère de la Culture ne nous aide pas, ce n'est pas la peine de reprendre la route", a-t-il poursuivi, en assurant que le cirque Pinder donnerait tout de même ses spectacles à Paris de novembre à fin janvier.

Selon Gilbert Edelstein, ce genre de difficultés touche également d'autres institutions du cirque traditionnel, Bouglione, Gruss et Medrano.

Créé en Angleterre et établi en France depuis le début du XXe siècle, le cirque Pinder a été détenu par le comédien Jean Richard dans les années 70, avant que M. Edelstein et sa famille reprennent le flambeau en 1983.

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