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Le robot Mascot, petit frère de Philae

Le robot Mascot, petit frère de Philae
L'astéroïde Ryugu sur lequel la sonde japonaise Hayabusa2 va larguer le robot Mascot. Photo prise le 23 septembre 2018 par JAXAHandout
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Le robot franco-allemand Mascot, qui va se poser mercredi sur l'astéroïde Ryugu, est en quelque sorte le petit frère de l'atterrisseur Philae dont les aventures sur une comète il y a quatre ans avaient captivé le grand public.

Mais sa durée de vie sera plus courte: une quinzaine d'heures seulement pour Mascot alors que Philae avait pu travailler 60 heures d'affilée grâce à ses piles après son atterrissage en novembre 2014 avant de s'assoupir. Après un long silence, lié à une mauvaise position à l'ombre entre deux rochers - ce qui empêchait ses batteries solaires de fonctionner -, le robot s'était brièvement réveillé avant de redevenir muet.

Mascot comme Philae sont des robots-laboratoire, fruits d'une coopération entre l'agence spatiale française Cnes et son homologue allemande DLR.

Philae faisait partie de la mission Rosetta de l'Agence spatiale européenne (ESA), dont la sonde a escorté la comète Tchouri pendant deux ans.

Mascot (Mobile Asteroid Surface Scout), lui, est transporté par la sonde japonaise Hayabusa2 qui doit prélever des échantillons à la surface de Ruygu et les ramener sur Terre en 2000. Il jouera le rôle d'"éclaireur" (scout), en analysant sur place la composition du sol de l'astéroïde, situé à plus de 300 millions de kilomètres de la Terre.

"L'objectif des deux missions se ressemblent un peu dans la mesure où il s'agit de mieux connaître la formation de ces petits corps célestes que sont les comètes et les astéroïdes- et de mieux comprendre la formation du système solaire", déclare à l'AFP Aurélie Moussi, chef du projet Mascot au Cnes, après avoir travaillé sur la mission Rosetta.

Mascot, "c'est un peu le petit frère de Philae. Mais en plus petit et en moins cher. Il a fallu être ingénieux", ajoute-t-elle.

- Surtout pas de retard -

Le robot, qui a la taille d'une boîte à chaussures (30X30X20), a une masse de 10 kg. Philae avait la corpulence d'une machine à laver qui aurait été munie de trois pattes et sa masse était de 100 kg.

Il était équipé de dix instruments, contre quatre pour Mascot qui possède notamment un microscope infrarouge hyperspectral (MicrOmega) qui doit lui permettre d'analyser la composition du sol de Ryugu.

Ce projet est né après la mission japonaise Hayabusa1 (2003-2010), déjà consacrée à un astéroïde. L'agence spatiale japonaise Jaxa a décidé de refaire une sonde, Hayabusa2, et ils ont accepté de laisser une petite place à bord à des instruments français et allemands.

"On a pu glisser une boîte de 10 kg", raconte Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique de MicrOmega, l'instrument principal de Mascot.

"Mascot, c'est 3kg de science et 7 kg seulement pour tout le reste (mécanique, batteries, transmission etc.)", énumère l'astrophysicien français qui était très impliqué dans Philae et Rosetta. "Un tel rapport, c'est du jamais fait".

Mascot a le même type de piles que celles que Philae a utilisées pour le début de sa mission.

"Nous avons eu très peu de temps pour préparer Mascot. Nous avons saisi l'opportunité offerte par les Japonais", souligne Aurélie Moussi.

Hayabusa2 a été lancée le 3 décembre 2014, vingt jours après l'atterrissage de Philae sur Tchouri.

Philae (@Philae2014), qui twittait via l'équipe du DLR, avait rencontré un grand succès sur les réseaux sociaux.

Mascot twitte lui aussi, mais plus modérément et son compte (@Mascot2018), lui aussi alimenté par le DLR, a beaucoup moins d'abonnés.

"Hé, on est en train de bouger. Nous descendons vers Ruygu! On va arriver à l'heure pour l'atterrissage sur l'astéroïde, n'est-ce pas? Je ne veux surtout pas être en retard!", a-t-il twitté mardi.

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